Votes · Scrutin n° 5688 · 24 février 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 533 de Mme Mansouri à l'article 17 (examen prioritaire) de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (deuxième lecture).
Demandé par : Président du groupe "Union des droites pour la République"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 17
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Mansouri et 9 cosignataires (UDDPLR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à clarifier l’objet réel de la présente loi, qui organise en réalité la démarche personnelle d’un suicide assisté. Le terme d’« aide à mourir » entretient une ambiguïté laissant entendre que l’État aurait pour vocation d’accompagner et de soutenir les personnes malades. Or les mots « euthanasie et suicide assisté» renvoient, au contraire, à un acte individuel mettant fin à la vie, dont la responsabilité ne saurait être euphémisée par une terminologie compassionnelle. Il convient donc de substituer à cette expression celle plus exacte, de « euthanasie et de suicide assisté », afin de nommer sans détours la réalité du dispositif proposé.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
À l'alinéa 3, substituer aux mots :
« aide à mourir »
les mots :
« euthanasie et le suicide assisté ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 68
- Contre
- 91
- Abstention
- 8
- Non-votant
- 2
- Votants
- 167
- Exprimés
- 159
- Majorité requise
- 80
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 43 | 0 | 2 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 1 | 18 | 0 | 2 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 32 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 1 | 20 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Pour | 12 | 3 | 1 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 2 | 5 | 1 | 0 | |
| HOR 34 membres | aucun vote | 1 | 4 | 4 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 1 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 45 dans le décompte
Pour (43) : Emmanuel Blairy, Marie-France Lorho, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, José Gonzalez, Emmanuel Taché, Caroline Colombier, Lisette Pollet, Christine Loir, Pierre Meurin, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Florence Goulet, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Philippe Ballard, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Michèle Martinez, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Bénédicte Auzanot, Monique Griseti, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Pascal Jenft, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Patrice Martin, Julien Limongi, Catherine Rimbert, Guillaume Bigot, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Anne Sicard
Abstention (2) : Stéphanie Galzy, Kévin Pfeffer
Ensemble pour la République 21 dans le décompte
Pour (1) : Joséphine Missoffe
Contre (18) : Éric Bothorel, Brigitte Klinkert, Stéphane Mazars (ancien député), François Cormier-Bouligeon, Graziella Melchior, Didier Le Gac, Camille Galliard-Minier (ancien député), Christine Le Nabour, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Brigitte Liso, Christophe Marion, Anthony Brosse, Nathalie Coggia, Bastien Marchive, Laure Miller, Christophe Mongardien
Non-votant (2) : Stéphanie Rist (ancien député), Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 32 dans le décompte
Contre (32) : Ugo Bernalicis, Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Jean-Hugues Ratenon, Sarah Legrain, Manuel Bompard, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, David Guiraud (ancien député), Emmanuel Fernandes, Gabriel Amard (ancien député), Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Louis Boyard, Maxime Laisney, Paul Vannier, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, René Pilato, Abdelkader Lahmar, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 21 dans le décompte
Pour (1) : Elie Califer
Contre (20) : Alain David, Pascale Got, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Colette Capdevielle, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Stéphane Delautrette, Océane Godard, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Pierrick Courbon, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Peio Dufau, Denis Fégné, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 16 dans le décompte
Pour (12) : Jean-Yves Bony, Patrick Hetzel, Christelle Minard, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Fabien Di Filippo (ancien député), Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Justine Gruet, Nicolas Tryzna, Lionel Duparay
Contre (3) : Frédérique Meunier, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Alix Fruchon
Abstention (1) : Jean-Didier Berger (ancien député)
Écologiste et Social 6 dans le décompte
Contre (6) : Dominique Voynet, Nicolas Thierry, Julie Laernoes, Sandrine Rousseau, Boris Tavernier, Julie Ozenne
Les Démocrates 8 dans le décompte
Pour (2) : Blandine Brocard, Romain Daubié
Contre (5) : Philippe Vigier, Olivier Falorni (ancien député), Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Anne Bergantz
Abstention (1) : Emmanuel Mandon
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Pour (1) : Nathalie Colin-Oesterlé
Contre (4) : Agnès Firmin Le Bodo, Bertrand Bouyx, Lise Magnier, Frédéric Valletoux
Abstention (4) : Sylvain Berrios, Philippe Fait, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Audrey Abadie-Amiel
Union des droites pour la République 7 dans le décompte
Pour (7) : Christelle D'Intorni, Vincent Trébuchet, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Hanane Mansouri, Antoine Valentin
Non inscrit 3 dans le décompte
Pour (1) : Véronique Besse
Contre (2) : Sophie Errante, Stella Dupont
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin