Votes · Scrutin n° 5697 · 24 février 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 560 de Mme Mansouri et l'amendement identique suivant à l'article 17 (examen prioritaire) de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (deuxième lecture).
Demandé par : Président du groupe "Union des droites pour la République"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 17
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Mansouri et 8 cosignataires (UDDPLR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à lever l’ambiguïté de l’expression « aide à mourir ». Celle-ci laisse croire à une simple continuité avec les soins palliatifs et le « laisser mourir », alors que le dispositif proposé organise un geste causal destiné à provoquer le décès. L’appellation « aide active à mourir », déjà utilisée dans plusieurs pays ayant légalisé de telles pratiques, permet de distinguer clairement cet acte des soins d’accompagnement existants. Par souci de vérité il convient donc de substituer à la formule actuelle celle, plus exacte, d’« aide active à mourir ».
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – À l’alinéa 5, après la première occurrence du mot :
« aide »
insérer le mot :
« active ».
II. – En conséquence, au même alinéa 5, après la seconde occurrence du mot :
« aide »
insérer le mot :
« active ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 93
- Contre
- 116
- Abstention
- 4
- Non-votant
- 2
- Votants
- 213
- Exprimés
- 209
- Majorité requise
- 105
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 54 | 1 | 2 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 2 | 18 | 1 | 2 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 32 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 32 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Pour | 16 | 2 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 2 | 7 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | aucun vote | 6 | 6 | 1 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 1 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 2 | 3 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 57 dans le décompte
Pour (54) : Hervé de Lépinau, Emmanuel Blairy, Marie-France Lorho, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Lionel Tivoli, José Gonzalez, Emmanuel Taché, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Pierre Meurin, Edwige Diaz (ancien député), Thomas Ménagé, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurent Jacobelli, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Michèle Martinez, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Bénédicte Auzanot, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Thibaut Monnier, Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Pascal Jenft, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Théo Bernhardt, Patrice Martin, Julien Limongi, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière, Anne Sicard
Contre (1) : Stéphanie Galzy
Abstention (2) : Sébastien Chenu, Kévin Pfeffer
Ensemble pour la République 23 dans le décompte
Pour (2) : Sébastien Huyghe, Annie Vidal
Contre (18) : Stéphane Mazars (ancien député), François Cormier-Bouligeon, Graziella Melchior, Corinne Vignon, Camille Galliard-Minier (ancien député), Christine Le Nabour, Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Nicole Le Peih, Brigitte Liso, Thomas Gassilloud, Agnès Pannier-Runacher, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Charles Sitzenstuhl, Nathalie Coggia, Bastien Marchive, Christophe Mongardien
Abstention (1) : Sandrine Lalanne
Non-votant (2) : Stéphanie Rist (ancien député), Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 32 dans le décompte
Contre (32) : Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Jean-Hugues Ratenon, Sarah Legrain, Manuel Bompard, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Gabriel Amard (ancien député), Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Alma Dufour, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Louis Boyard, Maxime Laisney, Paul Vannier, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, René Pilato, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Abdelkader Lahmar, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 32 dans le décompte
Contre (32) : Alain David, Jérôme Guedj, François Hollande, Pascale Got, Guillaume Garot, Marie Récalde, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Colette Capdevielle, Joël Aviragnet, Sacha Houlié, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Stéphane Delautrette, Aurélien Rousseau, Valérie Rossi, Océane Godard, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Christophe Proença, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Peio Dufau, Denis Fégné, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 18 dans le décompte
Pour (16) : Jean-Yves Bony, Philippe Gosselin, Philippe Juvin, Jean-Didier Berger (ancien député), Patrick Hetzel, Christelle Minard, Éric Pauget, Fabrice Brun, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Hubert Brigand, Justine Gruet, Nicolas Tryzna, Lionel Duparay
Contre (2) : Eric Liégeon, Frédérique Meunier
Écologiste et Social 12 dans le décompte
Contre (12) : Dominique Voynet, Pouria Amirshahi, Sophie Taillé-Polian, Hendrik Davi, Nicolas Thierry, Julie Laernoes, Jean-Claude Raux, Sandrine Rousseau, Tristan Lahais, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 9 dans le décompte
Pour (2) : Blandine Brocard, Romain Daubié
Contre (7) : Philippe Vigier, Olivier Falorni (ancien député), Perrine Goulet, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Delphine Lingemann, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 13 dans le décompte
Pour (6) : Thierry Benoit, Sylvain Berrios, Jean-Michel Brard, Nathalie Colin-Oesterlé, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Contre (6) : Agnès Firmin Le Bodo, Bertrand Bouyx, Lise Magnier, Béatrice Piron, Pierre Henriet, Frédéric Valletoux
Abstention (1) : Philippe Fait
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Pour (1) : Joël Bruneau
Contre (2) : Audrey Abadie-Amiel, Constance de Pélichy
Union des droites pour la République 10 dans le décompte
Pour (10) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Vincent Trébuchet, Bernard Chaix, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Hanane Mansouri, Pierre-Henri Carbonnel, Antoine Valentin
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Yannick Monnet
Non inscrit 5 dans le décompte
Pour (2) : Véronique Besse, Philippe Bonnecarrère
Contre (3) : Sophie Errante, Stella Dupont, Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin