Votes · Scrutin n° 5699 · 24 février 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1008 de Mme Vidal à l'article 17 (examen prioritaire) de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (deuxième lecture).
Demandé par : Président du groupe "Ensemble pour la République" Président du groupe "Droite Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 17
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Vidal et 6 cosignataires (EPR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Plusieurs amendements à la présente proposition de loi visent à créer un délit autonome d’incitation à recourir à l’aide à mourir, à assimiler au délit de provocation au suicide prévu à l’article 223-13 du code pénal, ou encore à instituer un délit spécifique de harcèlement ayant pour objet d’encourager le recours à l’aide à mourir.
La protection des personnes vulnérables contre toute pression, suggestion ou manœuvre malveillante constitue un objectif pleinement légitime.
En effet, le délit de provocation au suicide suppose, pour être caractérisé, que la personne victime se soit donné la mort ou ait tenté de le faire. Une telle exigence rend ce fondement inopérant dans le cadre de la procédure d’aide à mourir, dès lors qu’il conduit à subordonner l’intervention de la justice à la survenance d’un décès ou d’une tentative de suicide, alors même que l’enjeu est précisément d’agir en amont pour prévenir toute atteinte à la liberté du consentement.
À l’inverse, le délit d’abus de faiblesse prévu à l’article 223-15-2 du code pénal offre un cadre juridique pertinent pour appréhender ces situations. Il permet déjà de sanctionner les comportements consistant à exploiter l’état de vulnérabilité ou de sujétion d’une personne afin de la conduire à un acte ou à une abstention gravement préjudiciable à ses intérêts, sans exiger la réalisation effective du dommage ultime.
Le présent amendement s’inscrit dans cette logique de cohérence et d’effectivité du droit. Il vise à mentionner expressément l’aide à mourir parmi les finalités susceptibles de caractériser l’abus de faiblesse, et à ériger le fait d’inciter une personne vulnérable à y recourir en circonstance aggravante de ce délit, avec des peines adaptées et proportionnées. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Compléter cet article par les cinq alinéas suivants :
« L’article 223‑15‑2 du code pénal est ainsi modifié :
« 1° Le deuxième alinéa est complété par une phrase ainsi rédigée :
« Il en est de même lorsque l’infraction est commise dans le but de conduire la personne à recourir à l’aide à mourir telle que définie à l’article L. 1111‑12‑1 du code de la santé publique. »
« 2° Il est ajouté alinéa ainsi rédigé :
« Lorsque l’infraction a conduit la personne à recourir à l’aide à mourir, tel que définie à l’article L. 1111‑12‑1 du code de la santé publique, les peines sont portées à dix ans d’emprisonnement et à 1 500 000 euros d’amende. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 110
- Contre
- 137
- Abstention
- 6
- Non-votant
- 2
- Votants
- 253
- Exprimés
- 247
- Majorité requise
- 124
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 70 | 1 | 1 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 5 | 20 | 0 | 2 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 37 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 1 | 35 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Pour | 17 | 3 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 17 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 3 | 12 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 1 | 6 | 4 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 1 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 1 | 1 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 2 | 3 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 72 dans le décompte
Pour (70) : Hervé de Lépinau, Emmanuel Blairy, Marie-France Lorho, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, José Gonzalez, Emmanuel Taché, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Florence Goulet, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Philippe Ballard, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Michèle Martinez, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Bénédicte Auzanot, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Thibaut Monnier, Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Pascal Jenft, Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière, Anne Sicard, Anchya Bamana
Contre (1) : Thomas Ménagé
Abstention (1) : Théo Bernhardt
Ensemble pour la République 27 dans le décompte
Pour (5) : Sébastien Huyghe, Annie Vidal, Charles Sitzenstuhl, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe
Contre (20) : Stéphane Mazars (ancien député), Graziella Melchior, Corinne Vignon, Camille Galliard-Minier (ancien député), Christine Le Nabour, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Brigitte Liso, Véronique Riotton, Thomas Gassilloud, Agnès Pannier-Runacher, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Anthony Brosse, Sandrine Lalanne, Nathalie Coggia, Paul Midy, Bastien Marchive, Christophe Mongardien
Non-votant (2) : Stéphanie Rist (ancien député), Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 37 dans le décompte
Contre (37) : Loïc Prud'homme, Ugo Bernalicis, Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Jean-Hugues Ratenon, Danièle Obono, Sarah Legrain, Manuel Bompard, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Gabriel Amard (ancien député), Élise Leboucher, Alma Dufour, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Louis Boyard, Maxime Laisney, Paul Vannier, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Perceval Gaillard, René Pilato, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Abdelkader Lahmar, Arnaud Saint-Martin, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 36 dans le décompte
Pour (1) : Dominique Potier
Contre (35) : Alain David, Jérôme Guedj, François Hollande, Pascale Got, Guillaume Garot, Hervé Saulignac, Marie Récalde, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Colette Capdevielle, Joël Aviragnet, Sacha Houlié, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Stéphane Delautrette, Aurélien Rousseau, Fabrice Barusseau, Océane Godard, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Christophe Proença, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Peio Dufau, Denis Fégné, Sandrine Runel, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 20 dans le décompte
Pour (17) : Jean-Yves Bony, Philippe Gosselin, Xavier Breton, Patrick Hetzel, Christelle Minard, Éric Pauget, Fabrice Brun, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Justine Gruet, Corentin Le Fur, Élisabeth de Maistre, Lionel Duparay
Contre (3) : Eric Liégeon, Frédérique Meunier, Alix Fruchon
Écologiste et Social 17 dans le décompte
Contre (17) : Dominique Voynet, Pouria Amirshahi, Sophie Taillé-Polian, Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Nicolas Thierry, Cyrielle Chatelain, Julie Laernoes, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Tristan Lahais, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 15 dans le décompte
Pour (3) : Blandine Brocard, Romain Daubié, Louise Morel
Contre (12) : Philippe Vigier, Olivier Falorni (ancien député), Richard Ramos, Perrine Goulet, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Nicolas Turquois, Delphine Lingemann, Hubert Ott, Frantz Gumbs, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 11 dans le décompte
Pour (1) : Jean-Michel Brard
Contre (6) : Sylvain Berrios, Lise Magnier, Béatrice Piron, Pierre Henriet, François Gernigon, Frédéric Valletoux
Abstention (4) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Philippe Fait, Nathalie Colin-Oesterlé
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Pour (1) : Joël Bruneau
Contre (2) : Valérie Létard, Audrey Abadie-Amiel
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (1) : Yannick Monnet
Abstention (1) : Stéphane Peu
Union des droites pour la République 10 dans le décompte
Pour (10) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Vincent Trébuchet, Bernard Chaix, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Hanane Mansouri, Éric Michoux, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 5 dans le décompte
Pour (2) : Véronique Besse, Philippe Bonnecarrère
Contre (3) : Sophie Errante, Stella Dupont, Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin