Votes · Scrutin n° 5710 · 24 février 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 506 de Mme Mansouri et les amendements identiques suivants de suppression de l'article 16 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (deuxième lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 16
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Mansouri et 8 cosignataires (UDDPLR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
L’article dispose des conditions de préparation d’une substance mortelle dans le cadre d’une supposée « aide à mourir ».
Or l’article, tel qu’énoncé, introduit l’euthanasie et le suicide assisté sous l’expression « aide à mourir », en permettant à une personne de recourir à une substance létale dans les conditions définies par la loi. Cette mesure, en plus de se heurter à des principes fondamentaux tels que le droit à la vie, soulève de multiples difficultés, notamment quant à l’exercice de la clause de conscience des médecins. Elle marque également une rupture radicale dans la culture du soin et de la protection de la vie des plus fragiles, lesquels seraient exposés à des pressions qui n’ont pas lieu d’être.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 52
- Contre
- 93
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 2
- Votants
- 148
- Exprimés
- 145
- Majorité requise
- 73
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 33 | 1 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 1 | 17 | 0 | 2 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 27 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 24 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Pour | 7 | 0 | 1 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 4 | 6 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | aucun vote | 3 | 3 | 2 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 34 dans le décompte
Pour (33) : Marie-France Lorho, Nicolas Dragon, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Christine Loir, Edwige Diaz (ancien député), Christophe Bentz, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Frank Giletti (ancien député), Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Thibaut Monnier, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Claire Marais-Beuil, Marc de Fleurian, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Sébastien Humbert, Anne Sicard, Anchya Bamana
Contre (1) : Gaëtan Dussausaye
Ensemble pour la République 20 dans le décompte
Pour (1) : Sébastien Huyghe
Contre (17) : Sandra Marsaud, François Cormier-Bouligeon, Corinne Vignon, Christine Le Nabour, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Nicole Le Peih, Brigitte Liso, Céline Calvez, Thomas Gassilloud, Agnès Pannier-Runacher, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Christophe Mongardien
Non-votant (2) : Stéphanie Rist (ancien député), Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 27 dans le décompte
Contre (27) : Ugo Bernalicis, Mathilde Panot, Jean-Hugues Ratenon, Danièle Obono, Sarah Legrain, Hadrien Clouet, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Gabriel Amard (ancien député), Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Aurélie Trouvé, Louis Boyard, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 24 dans le décompte
Contre (24) : Pascale Got, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Colette Capdevielle, Philippe Naillet, Arthur Delaporte, Anna Pic, Roger Vicot, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Fabrice Barusseau, Océane Godard, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Pierrick Courbon, Estelle Mercier, Denis Fégné, Thierry Sother, Sandrine Runel, Céline Hervieu, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Pour (7) : Xavier Breton, Philippe Juvin, Michel Barnier, Jérôme Nury (ancien député), Émilie Bonnivard, Josiane Corneloup, Corentin Le Fur
Abstention (1) : Hubert Brigand
Écologiste et Social 11 dans le décompte
Contre (11) : Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Nicolas Thierry, Cyrielle Chatelain, Julie Laernoes, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave
Les Démocrates 10 dans le décompte
Pour (4) : Maud Petit, Blandine Brocard, Emmanuel Mandon, Louise Morel
Contre (6) : Philippe Vigier, Olivier Falorni (ancien député), Géraldine Bannier, Perrine Goulet, Jean-Paul Mattei, Delphine Lingemann
Horizons & Indépendants 8 dans le décompte
Pour (3) : Jean-Michel Brard, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Contre (3) : Agnès Firmin Le Bodo, Béatrice Piron, Frédéric Valletoux
Abstention (2) : Sylvain Berrios, Philippe Fait
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Contre (2) : Audrey Abadie-Amiel, Stéphane Lenormand
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Pour (4) : Christelle D'Intorni, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Stella Dupont, Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin