Votes · Scrutin n° 5718 · 24 février 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 273 de M. Bazin au titre de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (deuxième lecture).
Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Titre du texte
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Bazin et 14 cosignataires (DR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le sujet de la fin de vie est trop important pour faire l’objet d’euphémismes et de périphrases. Les dispositifs créés doivent être clairement nommés.
Ainsi, le Conseil d’État, dans son avis sur ce projet de loi, a clairement indiqué qu’il avait « pour objet principal de créer une « aide à mourir » entendue comme la légalisation, sous certaines conditions, de l’assistance au suicide et, dans l’hypothèse où la personne n’est pas en mesure physiquement de s’administrer elle-même la substance létale, de l’euthanasie à la demande de cette personne ».
Aussi, l’objet de cet amendement est de modifier le titre de ce projet de loi pour indiquer avec clarté qu’il est « relatif à l’instauration en France du suicide assisté et de l’euthanasie » comme l’a clarifié le Conseil d’État.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Au titre de la proposition de loi, substituer aux mots :
« au droit à l’aide à mourir »
les mots :
« à la légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 68
- Contre
- 108
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 2
- Votants
- 178
- Exprimés
- 176
- Majorité requise
- 89
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 40 | 1 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 2 | 23 | 0 | 2 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 29 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 1 | 24 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Pour | 12 | 1 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 3 | 8 | 1 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 2 | 3 | 1 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 41 dans le décompte
Pour (40) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Christophe Bentz, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Frank Giletti (ancien député), Monique Griseti, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Thibaut Monnier, Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Robert Le Bourgeois, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Anne Sicard, Anchya Bamana
Contre (1) : Thomas Ménagé
Ensemble pour la République 27 dans le décompte
Pour (2) : Charles Sitzenstuhl, Laure Miller
Contre (23) : Éric Bothorel, Brigitte Klinkert, François Cormier-Bouligeon, Graziella Melchior, Didier Le Gac, Corinne Vignon, Camille Galliard-Minier (ancien député), Christine Le Nabour, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Nicole Le Peih, Brigitte Liso, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Céline Calvez, Stéphane Buchou, Agnès Pannier-Runacher, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Anthony Brosse, Bastien Marchive, Christophe Mongardien
Non-votant (2) : Stéphanie Rist (ancien député), Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 29 dans le décompte
Contre (29) : Loïc Prud'homme, Mathilde Panot, Jean-Hugues Ratenon, Danièle Obono, Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Louis Boyard, Ersilia Soudais, Maxime Laisney, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Claire Lejeune, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 25 dans le décompte
Pour (1) : Dominique Potier
Contre (24) : Alain David, Pascale Got, Marie Récalde, Fanny Dombre Coste, Colette Capdevielle, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Fabrice Barusseau, Océane Godard, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Pierrick Courbon, Christophe Proença, Estelle Mercier, Denis Fégné, Sandrine Runel, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 13 dans le décompte
Pour (12) : Philippe Gosselin, Vincent Rolland, Philippe Juvin, Patrick Hetzel, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Josiane Corneloup, Hubert Brigand, Justine Gruet, Antoine Vermorel, Corentin Le Fur, Lionel Duparay
Contre (1) : Frédérique Meunier
Écologiste et Social 12 dans le décompte
Contre (12) : Dominique Voynet, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Nicolas Thierry, Julie Laernoes, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Catherine Hervieu, Nicolas Bonnet, Boris Tavernier, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 12 dans le décompte
Pour (3) : Maud Petit, Blandine Brocard, Emmanuel Mandon
Contre (8) : Olivier Falorni (ancien député), Géraldine Bannier, Perrine Goulet, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Nicolas Turquois, Delphine Lingemann, Éric Martineau
Abstention (1) : Didier Padey
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Pour (2) : Thomas Lam, Benoît Blanchard
Contre (3) : Béatrice Piron, Christophe Plassard (ancien député), Frédéric Valletoux
Abstention (1) : Philippe Fait
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Paul Molac, Audrey Abadie-Amiel, Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Édouard Bénard
Union des droites pour la République 8 dans le décompte
Pour (8) : Christelle D'Intorni, Vincent Trébuchet, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot, Éric Michoux, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 3 dans le décompte
Contre (3) : Sophie Errante, Stella Dupont, Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin