Votes · Scrutin n° 6283 · 16 avril 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1 de M. Monnet et les amendements identiques suivants de suppression de l'article unique du projet de loi portant transposition de l'avenant n° 3 du 25 février 2026 au protocole d'accord du 10 novembre 2023 relatif à l'assurance chômage (première lecture).
Dossier : Projet de loi portant transposition de l’avenant n°3 du 25 février 2026 au protocole d’accord du 10 novembre 2023 relatif à l’assurance chômage · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire" Président du groupe "Gauche Démocrate et Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article unique
Amendement déposé par M. Monnet et 15 cosignataires (GDR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
L’article unique du présent projet de loi introduit une nouvelle modulation de la durée d’indemnisation de l’assurance chômage, cette fois-ci en fonction du motif de rupture du contrat de travail. Or, sanctionner les salariés sur le seul motif que leur contrat a pris fin par une rupture conventionnelle, en réduisant jusqu’à 6,5 mois leurs droits à l’allocation chômage, constitue d’une part une rupture d’égalité de traitement avec l’ensemble des allocataires et d’autre part, une réorientation de la rupture conventionnelle à l’avantage exclusif des seuls employeurs. En effet, le contournement du licenciement par les employeurs n’est ici pas remis en cause. En outre, les salariés les plus âgés sont les plus durement pénalisés alors même qu’ils sont parmi ceux rencontrant les plus grandes difficultés du maintien dans l’emploi et du retour à l’emploi. Enfin, les économies escomptées, supportées par les seuls allocataires, reposent sur une appréciation volontairement faussée du déficit de l’Unédic ; en effet, la trajectoire économique de l’assurance chômage souffre non pas de supposées dérives ou « abus » dans le recours à la rupture conventionnelle, mais des décisions étatiques comme suffit à le démontrer le dernier rapport financier de l’Unédic : sans les prélèvements de l’État, le solde du régime aurait été de +2,0 Md€ en 2026.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Ce projet de loi a été déposé au Sénat le 25 mars 2026, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu, par Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités, en procédure accélérée (une seule lecture par chambre avant une éventuelle commission mixte paritaire). Il compte un article unique. D’après le texte définitif et le rapport de Thibault Bazin (Droite républicaine) :
- la durée d’indemnisation chômage peut désormais tenir compte du fait que le salarié a quitté son emploi par rupture conventionnelle individuelle (article L. 5422-2 du code du travail) ;
- cette base légale permet au ministre d’agréer l’avenant n° 3 du 25 février 2026, signé par les organisations patronales et par les syndicats, sauf la CGT et la CFE-CGC ;
- l’avenant fixe la durée maximale à 15 mois avant 55 ans (contre 18 mois) et à 20,5 mois à partir de 55 ans (contre 22,5 ou 27 mois selon l’âge) ;
- outre-mer, hors Mayotte, ces durées passent à 20 mois (contre 24) et à 30 mois ;
- à partir de 55 ans, l’allocataire peut demander une prolongation, examinée par France Travail au douzième mois.
Ce que ça change
Selon les données de l’Unédic citées par le rapport, 565 000 allocataires étaient indemnisés chaque mois en 2024 après une rupture conventionnelle, soit 20 % du total, pour 9,4 milliards d’euros (26 % des allocations). Selon l’étude d’impact du Gouvernement, l’économie serait nulle en 2026 pour une mise en œuvre en septembre, de 50 à 100 millions d’euros la deuxième année, de 550 à 700 millions la troisième, puis de 600 à 800 millions par an, « hors effets de comportement ». Le ministère du travail y estime l’effet sur l’emploi entre 12 000 et 15 000 retours à l’emploi supplémentaires. Dans son avis cité par le rapport, le Conseil d’État juge que cette différence de traitement ne méconnaît pas le principe d’égalité.
Ce qui est contesté
En première lecture, le 16 avril 2026, l’Assemblée a adopté par 77 voix contre 32 les amendements de suppression de l’article unique (scrutin n° 6283), portés notamment par LFI, les écologistes et la GDR : le texte a été rejeté. Après une nouvelle adoption au Sénat, l’article a été voté le 26 mai (186 voix contre 60, scrutin n° 6902), puis l’ensemble le 2 juin 2026 par 353 voix contre 114 (scrutin n° 7260). Ont voté contre : LFI (63), la GDR (17), les écologistes (14), 18 socialistes et 2 LIOT. 37 socialistes se sont abstenus. Le RN (115), EPR (87), la Droite républicaine (44), les Démocrates (33), Horizons (30), 19 LIOT, l’UDR (14) et 10 non-inscrits ont voté pour. L’article unique a fait l’objet de quatre scrutins.
Lors des explications de vote du 2 juin, Ségolène Amiot (LFI) chiffre la perte à trois mois avant 55 ans et à trois à six mois au-delà, et affirme que « bénéficier du chômage, en France, est un droit ». Sophie Taillé-Polian (écologistes) soutient : « Un quart de ces ruptures sont des licenciements déguisés ». Yannick Monnet (GDR) estime que le texte sanctionne le salarié sans viser l’usage qu’en font certains employeurs. Sandrine Runel (socialistes) annonce une abstention « de responsabilité et de protection », car un rejet laisserait selon elle le Gouvernement durcir les règles par décret.
Côté soutiens, Nathalie Colin-Oesterlé (Horizons) relève qu’une rupture d’un commun accord ouvre « exactement les mêmes droits » qu’un licenciement. Jérôme End (Droite républicaine) avance que la rupture conventionnelle remplace une démission dans 40 % des cas. Nicolas Turquois (Démocrates) défend la transposition fidèle d’un accord signé par le Medef, la CPME, l’U2P, la CFDT, FO et la CFTC. Gaëtan Dussausaye (RN) vote pour tout en jugeant le texte limité à « une légère inflexion ».
Où en est le texte
La loi n° 2026-470 du 11 juin 2026 a été publiée au Journal officiel du 12 juin 2026, selon le dossier législatif. Les nouvelles durées s’appliquent après l’agrément de l’avenant par le ministre.
Sources
- Projet de loi n° 470 (2025-2026), Sénat (25/03/2026)
- Étude d’impact du projet de loi, Sénat (25/03/2026)
- Rapport n° 2633 de M. Thibault Bazin, commission des affaires sociales (08/04/2026)
- Scrutin public n° 6283 (suppression de l’article unique, première lecture) (16/04/2026)
- Scrutin public n° 6902 (article unique, deuxième lecture) (26/05/2026)
- Scrutin public n° 7260 sur l’ensemble (deuxième lecture) (02/06/2026)
- Compte rendu de la séance du 2 juin 2026, Assemblée nationale (02/06/2026)
- Texte définitif, T.A. n° 296, Assemblée nationale (02/06/2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (11/06/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 77
- Contre
- 32
- Abstention
- 8
- Non-votant
- 1
- Votants
- 117
- Exprimés
- 109
- Majorité requise
- 55
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 53 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Abstention | 0 | 0 | 8 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 18 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 10 dans le décompte
Contre (10) : Lisette Pollet, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Alexandre Sabatou, Béatrice Roullaud, Stéphane Rambaud, Thibaut Monnier, Manon Bouquin (ancien député), Frédéric Weber, Gaëtan Dussausaye
Ensemble pour la République 10 dans le décompte
Contre (9) : Corinne Vignon, Marie Lebec, Gabriel Attal, Jean-Luc Fugit, Christophe Marion, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 53 dans le décompte
Pour (53) : Élisa Martin, Loïc Prud'homme, Ugo Bernalicis, Mathilde Panot, Éric Coquerel, Sophia Chikirou, Sarah Legrain, Manuel Bompard, Sébastien Delogu, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, François Piquemal, Christophe Bex, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Idir Boumertit, Rodrigo Arenas, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Aurélie Trouvé, Alma Dufour, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Louis Boyard, Damien Maudet, Maxime Laisney, Farida Amrani, Paul Vannier, Antoine Léaument, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Shéhérazade Bentorki, Anaïs Belouassa-Cherifi, Abdelkader Lahmar, Zahia Hamdane, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 8 dans le décompte
Abstention (8) : Marietta Karamanli, Marie-Noëlle Battistel, Dominique Potier, Chantal Jourdan, Isabelle Santiago, Elie Califer, Pierre Pribetich, Jacques Oberti
Droite Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Thibault Bazin
Écologiste et Social 18 dans le décompte
Pour (18) : Clémentine Autain, Jean-Louis Roumégas, Pouria Amirshahi, Hendrik Davi, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Charles Fournier, Jérémie Iordanoff, Sandra Regol, Sandrine Rousseau, Lisa Belluco, Danielle Simonnet, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Damien Girard, Léa Balage El Mariky, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave
Les Démocrates 5 dans le décompte
Contre (5) : Sophie Mette, Carole Guillerm, Cyrille Isaac-Sibille, Éric Martineau, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 4 dans le décompte
Contre (4) : Laurent Marcangeli, Christophe Plassard (ancien député), Marie-Agnès Poussier-Winsback, Frédéric Valletoux
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Jean-Luc Warsmann
Gauche Démocrate et Républicaine 6 dans le décompte
Pour (6) : Jean-Paul Lecoq, Nicolas Sansu, Soumya Bourouaha, Stéphane Peu, Elsa Faucillon, Marcellin Nadeau
Union des droites pour la République 2 dans le décompte
Contre (2) : Christelle D'Intorni, Olivier Fayssat
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin