Votes · Scrutin n° 6900 · 26 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2 de Mme Lebon et l'amendement identique suivant de suppression de l'article unique du projet de loi portant transposition de l'avenant n° 3 du 25 février 2026 au protocole d'accord du 10 novembre 2023 relatif à l'assurance chômage (deuxième lecture).
Dossier : Projet de loi portant transposition de l’avenant n°3 du 25 février 2026 au protocole d’accord du 10 novembre 2023 relatif à l’assurance chômage · Demandé par : Président du groupe "Droite Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article unique
Amendement déposé par Mme Lebon et 14 cosignataires (GDR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
L’article unique du présent projet de loi introduit une nouvelle modulation de la durée d’indemnisation de l’assurance chômage, cette fois-ci en fonction du motif de rupture du contrat de travail. Or, sanctionner les salariés sur le seul motif que leur contrat a pris fin par une rupture conventionnelle, en réduisant jusqu’à 6,5 mois leurs droits à l’allocation chômage, constitue d’une part une rupture d’égalité de traitement avec l’ensemble des allocataires et d’autre part, une réorientation de la rupture conventionnelle à l’avantage exclusif des seuls employeurs. En effet, le contournement du licenciement par les employeurs n’est ici pas remis en cause. En outre, les salariés les plus âgés sont les plus durement pénalisés alors même qu’ils sont parmi ceux rencontrant les plus grandes difficultés du maintien dans l’emploi et du retour à l’emploi. Enfin, les économies escomptées, supportées par les seuls allocataires, reposent sur une appréciation volontairement faussée du déficit de l’Unédic ; en effet, la trajectoire économique de l’assurance chômage souffre non pas de supposées dérives ou « abus » dans le recours à la rupture conventionnelle, mais des décisions étatiques comme suffit à le démontrer le dernier rapport financier de l’Unédic : sans les prélèvements de l’État, le solde du régime aurait été de +2,0 Md€ en 2026.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Ce projet de loi a été déposé au Sénat le 25 mars 2026, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu, par Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités, en procédure accélérée (une seule lecture par chambre avant une éventuelle commission mixte paritaire). Il compte un article unique. D’après le texte définitif et le rapport de Thibault Bazin (Droite républicaine) :
- la durée d’indemnisation chômage peut désormais tenir compte du fait que le salarié a quitté son emploi par rupture conventionnelle individuelle (article L. 5422-2 du code du travail) ;
- cette base légale permet au ministre d’agréer l’avenant n° 3 du 25 février 2026, signé par les organisations patronales et par les syndicats, sauf la CGT et la CFE-CGC ;
- l’avenant fixe la durée maximale à 15 mois avant 55 ans (contre 18 mois) et à 20,5 mois à partir de 55 ans (contre 22,5 ou 27 mois selon l’âge) ;
- outre-mer, hors Mayotte, ces durées passent à 20 mois (contre 24) et à 30 mois ;
- à partir de 55 ans, l’allocataire peut demander une prolongation, examinée par France Travail au douzième mois.
Ce que ça change
Selon les données de l’Unédic citées par le rapport, 565 000 allocataires étaient indemnisés chaque mois en 2024 après une rupture conventionnelle, soit 20 % du total, pour 9,4 milliards d’euros (26 % des allocations). Selon l’étude d’impact du Gouvernement, l’économie serait nulle en 2026 pour une mise en œuvre en septembre, de 50 à 100 millions d’euros la deuxième année, de 550 à 700 millions la troisième, puis de 600 à 800 millions par an, « hors effets de comportement ». Le ministère du travail y estime l’effet sur l’emploi entre 12 000 et 15 000 retours à l’emploi supplémentaires. Dans son avis cité par le rapport, le Conseil d’État juge que cette différence de traitement ne méconnaît pas le principe d’égalité.
Ce qui est contesté
En première lecture, le 16 avril 2026, l’Assemblée a adopté par 77 voix contre 32 les amendements de suppression de l’article unique (scrutin n° 6283), portés notamment par LFI, les écologistes et la GDR : le texte a été rejeté. Après une nouvelle adoption au Sénat, l’article a été voté le 26 mai (186 voix contre 60, scrutin n° 6902), puis l’ensemble le 2 juin 2026 par 353 voix contre 114 (scrutin n° 7260). Ont voté contre : LFI (63), la GDR (17), les écologistes (14), 18 socialistes et 2 LIOT. 37 socialistes se sont abstenus. Le RN (115), EPR (87), la Droite républicaine (44), les Démocrates (33), Horizons (30), 19 LIOT, l’UDR (14) et 10 non-inscrits ont voté pour. L’article unique a fait l’objet de quatre scrutins.
Lors des explications de vote du 2 juin, Ségolène Amiot (LFI) chiffre la perte à trois mois avant 55 ans et à trois à six mois au-delà, et affirme que « bénéficier du chômage, en France, est un droit ». Sophie Taillé-Polian (écologistes) soutient : « Un quart de ces ruptures sont des licenciements déguisés ». Yannick Monnet (GDR) estime que le texte sanctionne le salarié sans viser l’usage qu’en font certains employeurs. Sandrine Runel (socialistes) annonce une abstention « de responsabilité et de protection », car un rejet laisserait selon elle le Gouvernement durcir les règles par décret.
Côté soutiens, Nathalie Colin-Oesterlé (Horizons) relève qu’une rupture d’un commun accord ouvre « exactement les mêmes droits » qu’un licenciement. Jérôme End (Droite républicaine) avance que la rupture conventionnelle remplace une démission dans 40 % des cas. Nicolas Turquois (Démocrates) défend la transposition fidèle d’un accord signé par le Medef, la CPME, l’U2P, la CFDT, FO et la CFTC. Gaëtan Dussausaye (RN) vote pour tout en jugeant le texte limité à « une légère inflexion ».
Où en est le texte
La loi n° 2026-470 du 11 juin 2026 a été publiée au Journal officiel du 12 juin 2026, selon le dossier législatif. Les nouvelles durées s’appliquent après l’agrément de l’avenant par le ministre.
Sources
- Projet de loi n° 470 (2025-2026), Sénat (25/03/2026)
- Étude d’impact du projet de loi, Sénat (25/03/2026)
- Rapport n° 2633 de M. Thibault Bazin, commission des affaires sociales (08/04/2026)
- Scrutin public n° 6283 (suppression de l’article unique, première lecture) (16/04/2026)
- Scrutin public n° 6902 (article unique, deuxième lecture) (26/05/2026)
- Scrutin public n° 7260 sur l’ensemble (deuxième lecture) (02/06/2026)
- Compte rendu de la séance du 2 juin 2026, Assemblée nationale (02/06/2026)
- Texte définitif, T.A. n° 296, Assemblée nationale (02/06/2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (11/06/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 54
- Contre
- 168
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 1
- Votants
- 222
- Exprimés
- 222
- Majorité requise
- 112
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 53 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 36 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 33 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 2 | 20 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 19 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 16 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 16 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 53 dans le décompte
Contre (53) : Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, José Gonzalez, Géraldine Grangier, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Yoann Gillet, Hélène Laporte, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Alexandre Loubet, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Michèle Martinez, Sophie Blanc, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Philippe Schreck, Eddy Casterman, Bernard Chaumeil, Alexandre Dufosset, Bruno Clavet, Édouard Jordan, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Thibaut Monnier, Catherine Dellong Meng, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Anne Sicard
Ensemble pour la République 37 dans le décompte
Contre (36) : Brigitte Klinkert, Élisabeth Borne, Sylvain Maillard, Hervé Berville (ancien député), Guillaume Kasbarian, Annaïg Le Meur, Didier Le Gac, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Corinne Vignon, Sophie Panonacle, Christine Le Nabour, Danielle Brulebois, Bertrand Sorre, Nicole Le Peih, Ludovic Mendes, Brigitte Liso, Jean Terlier, Olivia Grégoire, Stéphane Buchou, Annie Vidal, Jean-Marie Fiévet, Thomas Gassilloud, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Charles Sitzenstuhl, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Charles Rodwell, Bastien Marchive, Catherine Ibled, Danièle Carteron, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 33 dans le décompte
Pour (33) : Loïc Prud'homme, Mathilde Panot, Danièle Obono, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Aurélie Trouvé, Jérôme Legavre, Louis Boyard, Damien Maudet, Ersilia Soudais, Maxime Laisney, Thomas Portes, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Shéhérazade Bentorki, Anaïs Belouassa-Cherifi, Arnaud Saint-Martin, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 22 dans le décompte
Pour (2) : Iñaki Echaniz, Peio Dufau
Contre (20) : Guillaume Garot, Marietta Karamanli, Marie Récalde, Dominique Potier, Chantal Jourdan, Mélanie Thomin, Anna Pic, Elie Califer, Martine Froger, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Fabrice Barusseau, Océane Godard, Pierre Pribetich, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Denis Fégné, Sandrine Runel
Droite Républicaine 19 dans le décompte
Contre (19) : Jean-Yves Bony, Vincent Rolland, Vincent Descoeur, Jean-Luc Bourgeaux, Jean-Pierre Vigier, Patrick Hetzel, Eric Liégeon, Thibault Bazin, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Hubert Brigand, Justine Gruet, Thierry Liger, Emeline Rey-Rinchet, Cendrine Chazé, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 16 dans le décompte
Pour (16) : Dominique Voynet, Hendrik Davi, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Nicolas Thierry, Jérémie Iordanoff, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Lisa Belluco, Danielle Simonnet, Damien Girard, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 14 dans le décompte
Contre (14) : Christophe Blanchet, Geneviève Darrieussecq, Marc Fesneau, Perrine Goulet, Jean-Paul Mattei, Blandine Brocard, Nicolas Turquois, Romain Daubié, Sabine Gervais, Patricia Maussion, Louise Morel, Hubert Ott, Frantz Gumbs, Pascal Lecamp
Horizons & Indépendants 16 dans le décompte
Contre (16) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, François Jolivet, Isabelle Rauch, Xavier Roseren, Vincent Thiébaut, Henri Alfandari, François Gernigon, Félicie Gérard, Pierre Marle, Didier Lemaire, Frédéric Valletoux, Jean-Michel Brard, Nathalie Colin-Oesterlé, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 6 dans le décompte
Contre (6) : Jean-Pierre Bataille, Paul Molac, Stéphane Viry, Christophe Naegelen, Audrey Abadie-Amiel, Constance de Pélichy
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Contre (4) : Christelle D'Intorni, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Pierre-Henri Carbonnel
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Pour (3) : Yannick Monnet, Julien Brugerolles, Marcellin Nadeau
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin