Votes · Scrutin n° 7465 · 23 juin 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 270 de Mme Dubré-Chirat et les amendements identiques suivants à l'article 2 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (nouvelle lecture).
Dossier : Fin de vie · Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 2
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Dubré-Chirat et 16 cosignataires (EPR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement de coordination propose de permettre à la personne sollicitant une aide active à mourir de pouvoir choisir entre une auto-administration de la substance létale ou une administration par un médecin ou un infirmier, puisqu’elle est prévue par l’alinéa 20 de l’article 6 à la suite de l’examen en nouvelle lecture de la proposition de loi par la Commission des Affaires sociales.
Le droit à l’aide active à mourir repose sur un principe essentiel pour le malade : celui de la liberté d’y recourir ou non. Il est donc essentiel de laisser le choix au patient des modalités de réalisation de l’acte, soit en s’administrant la substance, soit en sollicitant un tiers issu du corps des professions de santé, en l’occurrence un infirmier ou un médecin, dont la liberté de participation est préservée car ils bénéficient de la clause de conscience prévue à l’article 14.
Prévoir une hiérarchie entre les différents modes d’administration de la substance contreviendrait au respect du principe de liberté qui guide la procédure et l’ensemble de la proposition de loi. Le rétablissement de cette rédaction, qui avait été adoptée initialement lors de la première lecture du texte en Commission des Affaires sociales, permettrait par conséquent de garantir au patient une option jusqu’au bout de la procédure.
À la suite de l’adoption de l’amendement AS524 en Commission des Affaires sociales, il est donc essentiel de garantir la cohérence du texte en prévoyant à l’article 2 que la personne sollicitant une aide active à mourir de pouvoir choisir entre une auto-administration de la substance létale ou une administration par un médecin ou un infirmier.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
À l’alinéa 6, supprimer les mots :
« , lorsqu’elle n’est physiquement pas en mesure de le faire, ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 2 : 123 scrutins publics, dont 12 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 52
- Contre
- 80
- Abstention
- 21
- Non-votant
- 1
- Votants
- 153
- Exprimés
- 132
- Majorité requise
- 67
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 32 | 9 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 4 | 7 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 27 | 0 | 1 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 9 | 7 | 7 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 15 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 1 | 10 | 1 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 1 | 5 | 1 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 | |
| NI 10 membres | Pour | 2 | 1 | 1 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 41 dans le décompte
Contre (32) : Hervé de Lépinau, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, Jorys Bovet, Lionel Tivoli, José Gonzalez, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Serge Muller, Hélène Laporte, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Sandrine Dogor-Such, Michèle Martinez, Anaïs Sabatini, Marine Hamelet, Eddy Casterman, Édouard Jordan, Thibaut Monnier, René Lioret, Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Frédéric Weber, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Anne Sicard
Abstention (9) : Lisette Pollet, Philippe Lottiaux, Philippe Schreck, Pascal Markowsky, Sylvie Josserand (ancien député), Thierry Tesson, David Magnier, Tiffany Joncour, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 12 dans le décompte
Pour (4) : Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Anthony Brosse, Marie-Philippe Lubet
Contre (7) : Olivier Becht, Didier Le Gac, Nicole Le Peih, Brigitte Liso, Charles Sitzenstuhl, Bastien Marchive, Danièle Carteron
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 28 dans le décompte
Pour (27) : Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Jean-Hugues Ratenon, Sarah Legrain, Hadrien Clouet, François Piquemal, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Ségolène Amiot, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Élise Leboucher, Nadège Abomangoli, Damien Maudet, Manon Meunier, Maxime Laisney, Arnaud Le Gall, Karen Erodi, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault
Abstention (1) : Idir Boumertit
Socialistes et apparentés 23 dans le décompte
Pour (9) : Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Philippe Naillet, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Fatiha Keloua Hachi, Stéphane Hablot, Céline Hervieu, Dieynaba Diop
Contre (7) : Laurent Baumel, Valérie Rossi, Océane Godard, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Fabrice Roussel, Sophie Pantel
Abstention (7) : Marietta Karamanli, Chantal Jourdan, Mickaël Bouloux, Martine Froger, Sébastien Saint-Pasteur, Karim Benbrahim, Peio Dufau
Droite Républicaine 15 dans le décompte
Contre (15) : Philippe Gosselin, Vincent Rolland, Marie-Christine Dalloz, Patrick Hetzel, Virginie Duby-Muller, Thibault Bazin, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Ian Boucard, Josiane Corneloup, Hubert Brigand, Justine Gruet, Cendrine Chazé, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 7 dans le décompte
Pour (7) : Nicolas Thierry, Charles Fournier, Julie Laernoes, Jean-Claude Raux, Sandrine Rousseau, Danielle Simonnet, Damien Girard
Les Démocrates 12 dans le décompte
Pour (1) : Nicolas Turquois
Contre (10) : Philippe Vigier, Sophie Mette, Geneviève Darrieussecq, Géraldine Bannier, Jean-Paul Mattei, Sabine Gervais, Laurent Croizier, Louise Morel, Didier Padey, Pascal Lecamp
Abstention (1) : Patricia Maussion
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Pour (1) : Thomas Lam
Contre (5) : Agnès Firmin Le Bodo, Sylvain Berrios, Béatrice Piron, Pierre Marle, Frédéric Valletoux
Abstention (1) : Thierry Benoit
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Audrey Abadie-Amiel, Stéphane Lenormand, Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Karine Lebon
Union des droites pour la République 1 dans le décompte
Abstention (1) : Sophie Ricourt Vaginay
Non inscrit 4 dans le décompte
Pour (2) : Sophie Errante, Stella Dupont
Contre (1) : Véronique Besse
Abstention (1) : Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin