Votes · Scrutin n° 7477 · 23 juin 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1281 de Mme Battistel à l'article 2 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (nouvelle lecture).
Dossier : Fin de vie · Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 2
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Battistel (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à laisser la possibilité au médecin de déroger, dans un cadre précis et avec l'accord de son patient, au principe instauré par l'article 1111-12-1 faisant de l'auto administration la règle en cas de capacité physique du patient à réaliser l'acte aux conséquences létales.
Il s'agit là d'instaurer un assouplissement au bénéfice des patients en ce qui concerne l'administration de la substance active entrainant le décès, car le texte en l'état actuel, n'entend pas répondre pleinement à l'ensemble des situations concrètes, toujours trop difficiles de mise en oeuvre matérielle de la fin de vie médicalisée.
Il doit y avoir une certaine souplesse dans le mode d'admission de la substance létale afin de couvrir l'ensemble des situations concrètes que la mise en oeuvre de ultime de la procédure d'aide à mourir pourrait soulever.
l'objectif de cette loi étant de répondre pleinement à toutes les demandes d'aide à mourir dans la dignité et la sérénité formulées par les patients éligibles.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l'alinéa 6, insérer les deux alinéas suivants :
« Par dérogation au premier alinéa , le médecin mettant en oeuvre la procédure d'aide à mourir dans les conditions prévues aux articles L. 1111‑12‑2 à L.111-12-7 peut, avec l'accord de la personne recourant au droit à l'aide à mourir, privilégier l'administration de la substance létale par lui même ou un infirmier plutôt que l'administration par le patient.»
« Le médecin notifie et motive la décision, sans délai et par tout moyen, auprès du collège pluriprofessionnel
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 2 : 123 scrutins publics, dont 12 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 46
- Contre
- 121
- Abstention
- 12
- Non-votant
- 2
- Votants
- 179
- Exprimés
- 167
- Majorité requise
- 84
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 1 | 52 | 1 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 2 | 17 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 17 | 2 | 0 | 1 | |
| SOC 68 membres | Pour | 15 | 7 | 8 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 1 | 16 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 1 | 10 | 1 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 8 | 1 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 54 dans le décompte
Pour (1) : Roger Chudeau
Contre (52) : Hervé de Lépinau, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Lionel Tivoli, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Serge Muller, Pierre Meurin, Hélène Laporte, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Laurent Jacobelli, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Gabriel Tomatis, Eddy Casterman, Bernard Chaumeil, Guillaume Florquin, Édouard Jordan, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Thibaut Monnier, René Lioret, Catherine Dellong Meng, Sylvie Josserand (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Anchya Bamana
Abstention (1) : Alexandre Dufosset
Ensemble pour la République 20 dans le décompte
Pour (2) : Liliana Tanguy, Annie Vidal
Contre (17) : Pauline Cestrières, Graziella Melchior, Didier Le Gac, Corinne Vignon, Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Brigitte Liso, Patricia Lemoine, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Bastien Marchive, Danièle Carteron, Alim Latrèche, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 20 dans le décompte
Pour (17) : Bastien Lachaud, Sarah Legrain, François Piquemal, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, Gabriel Amard (ancien député), Élise Leboucher, Karen Erodi, René Pilato, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Zahia Hamdane, Claire Lejeune, Bérenger Cernon
Contre (2) : Damien Maudet, Maxime Laisney
Non-votant (1) : Nadège Abomangoli
Socialistes et apparentés 30 dans le décompte
Pour (15) : Pascale Got, Marietta Karamanli, Marie Récalde, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Laurent Lhardit, Pierre Pribetich, Karim Benbrahim, Christophe Proença, Florence Herouin-Léautey, Romain Eskenazi
Contre (7) : Claudia Rouaux, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Mélanie Thomin, Stéphane Delautrette, Martine Froger, Céline Hervieu
Abstention (8) : Isabelle Santiago, Valérie Rossi, Océane Godard, Arnaud Simion, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Denis Fégné, Dieynaba Diop
Droite Républicaine 17 dans le décompte
Pour (1) : Josiane Corneloup
Contre (16) : Philippe Gosselin, Vincent Rolland, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Patrick Hetzel, Virginie Duby-Muller, Thibault Bazin, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Anne-Laure Blin, Hubert Brigand, Justine Gruet, Corentin Le Fur, Lionel Duparay
Écologiste et Social 9 dans le décompte
Pour (9) : Dominique Voynet, Charles Fournier, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Jean-Claude Raux, Sandrine Rousseau, Benjamin Lucas-Lundy, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave
Les Démocrates 12 dans le décompte
Pour (1) : Emmanuel Mandon
Contre (10) : Philippe Vigier, Sophie Mette, Géraldine Bannier, Jean-Paul Mattei, Nicolas Turquois, Sabine Gervais, Louise Morel, Hubert Ott, Didier Padey, Pascal Lecamp
Abstention (1) : Patricia Maussion
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Contre (8) : Thierry Benoit, Lise Magnier, Charlotte Parmentier-Lecocq, Béatrice Piron, Véronique Ludmann, Frédéric Valletoux, Nathalie Colin-Oesterlé, Benoît Blanchard
Abstention (1) : Vincent Thiébaut
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Audrey Abadie-Amiel, Stéphane Lenormand, Joël Bruneau
Union des droites pour la République 5 dans le décompte
Contre (5) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Bernard Chaix, Marc Chavent, Olivier Fayssat
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Abstention (1) : Karine Lebon
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin