Votes · Scrutin n° 7489 · 23 juin 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 389 de Mme Gruet à l'article 2 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (nouvelle lecture).
Dossier : Fin de vie · Demandé par : Président du groupe "Droite Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 2
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Gruet et 13 cosignataires (DR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à garantir que le droit à l’aide à mourir soit exercé dans le respect le plus strict de l’autonomie de la personne, en privilégiant l’autoadministration chaque fois que cela est possible.
L’article L. 1111‑12‑1 prévoit que l’administration par un médecin ou un infirmier n’intervient que lorsque la personne n’est physiquement pas en mesure de s’administrer elle-même la substance létale. Or, cette appréciation ne peut être figée dans une conception exclusivement gestuelle ou motrice de l’acte.
Les progrès technologiques permettent aujourd’hui à des personnes atteintes de handicaps moteurs sévères ou de maladies neurodégénératives d’exprimer une volonté et de déclencher une action par des dispositifs de commande oculaire, de sélection visuelle, de contacteurs adaptés ou d’interfaces numériques. Ne pas en tenir compte reviendrait à exclure artificiellement ces personnes de l’autoadministration, alors même qu’elles sont en capacité d’en être pleinement actrices.
En intégrant explicitement les aides techniques et les technologies de compensation dans l’appréciation de la capacité d’autoadministration, le présent amendement poursuit un double objectif :
garantir l’égalité d’accès au droit à l’aide à mourir ;limiter le recours à l’administration par un professionnel de santé aux seuls cas où aucune solution d’autoadministration n’est possible.Il s’inscrit ainsi dans une logique de dignité, d’autonomie et de proportionnalité de l’intervention médicale.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Compléter cet article par l’alinéa suivant :
« III. – Pour l’application du I du présent article, l’appréciation de la capacité d’une personne à s’administrer elle-même la substance létale tient compte des aides techniques, des dispositifs d’assistance et des technologies de compensation du handicap, y compris les dispositifs numériques ou de commande adaptée permettant une auto-administration sans intervention physique d’un tiers. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 2 : 123 scrutins publics, dont 12 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 96
- Contre
- 122
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 1
- Votants
- 221
- Exprimés
- 218
- Majorité requise
- 110
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 61 | 0 | 2 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 5 | 20 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 27 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 1 | 34 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 18 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 15 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 13 | 1 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 3 | 6 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 63 dans le décompte
Pour (61) : Hervé de Lépinau, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Lionel Tivoli, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Pierre Meurin, Roger Chudeau, Hélène Laporte, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Laurent Jacobelli, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Frank Giletti (ancien député), Gabriel Tomatis, Eddy Casterman, Bernard Chaumeil, Guillaume Florquin, Édouard Jordan, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Thibaut Monnier, René Lioret, Catherine Dellong Meng, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Julien Guibert, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Anne Sicard, Anchya Bamana
Abstention (2) : Alexandre Dufosset, Gaëtan Dussausaye
Ensemble pour la République 26 dans le décompte
Pour (5) : Liliana Tanguy, Annie Vidal, Charles Sitzenstuhl, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Joséphine Missoffe
Contre (20) : Pauline Cestrières, Graziella Melchior, Annaïg Le Meur, Didier Le Gac, Corinne Vignon, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Brigitte Liso, Pieyre-Alexandre Anglade, Patricia Lemoine, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Christopher Weissberg, Bastien Marchive, Danièle Carteron, Alim Latrèche, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 27 dans le décompte
Contre (27) : Bastien Lachaud, Jean-Hugues Ratenon, Sarah Legrain, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, François Piquemal, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, Gabriel Amard (ancien député), Élise Leboucher, Nadège Abomangoli, Damien Maudet, Maxime Laisney, Karen Erodi, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 35 dans le décompte
Pour (1) : Dominique Potier
Contre (34) : Pascale Got, Guillaume Garot, Marietta Karamanli, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Christine Pirès Beaune, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Isabelle Santiago, Arthur Delaporte, Mélanie Thomin, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Martine Froger, Dorine Bregman, Valérie Rossi, Océane Godard, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Denis Fégné, Florence Herouin-Léautey, Céline Hervieu, Dieynaba Diop, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 18 dans le décompte
Pour (18) : Philippe Gosselin, Vincent Rolland, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Christelle Minard, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin, Hubert Brigand, Justine Gruet, Corentin Le Fur, Cendrine Chazé, Lionel Duparay
Écologiste et Social 15 dans le décompte
Contre (15) : Dominique Voynet, Pouria Amirshahi, Sébastien Peytavie, Nicolas Thierry, Charles Fournier, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Julie Laernoes, Jean-Claude Raux, Sandrine Rousseau, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Danielle Simonnet, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave
Les Démocrates 14 dans le décompte
Contre (13) : Philippe Vigier, Sophie Mette, Geneviève Darrieussecq, Géraldine Bannier, Perrine Goulet, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Nicolas Turquois, Sabine Gervais, Louise Morel, Hubert Ott, Didier Padey, Pascal Lecamp
Abstention (1) : Patricia Maussion
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Pour (3) : Thierry Benoit, Nathalie Colin-Oesterlé, Benoît Blanchard
Contre (6) : Agnès Firmin Le Bodo, Lise Magnier, Charlotte Parmentier-Lecocq, Vincent Thiébaut, Véronique Ludmann, Frédéric Valletoux
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 5 dans le décompte
Contre (5) : Paul Molac, Audrey Abadie-Amiel, Stéphane Lenormand, Joël Bruneau, Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Karine Lebon
Union des droites pour la République 7 dans le décompte
Pour (7) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Bernard Chaix, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Bartolomé Lenoir, Antoine Valentin
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin