Votes · Scrutin n° 7496 · 24 juin 2026 · scrutin public ordinaire
L’amendement n° 1247 de M. Valentin à l’article 3 de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir (nouvelle lecture).
Dossier : Fin de vie · Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 3
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Valentin et 1 cosignataire (UDDPLR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à réécrire l’article 3, qui fait actuellement de l’aide à mourir une composante du droit à une fin de vie digne et à un soulagement optimal de la souffrance. Une telle formulation soulève plusieurs difficultés : sa portée normative reste incertaine et il n’est pas souhaitable d’ériger l’accès à l’aide à mourir en droit individuel opposable, ce qui pourrait entraîner des obligations légales contraignantes pour les professionnels de santé.
Au contraire, il est préférable de préciser que le médecin n’est pas tenu d’informer systématiquement un patient de la possibilité de recourir à une substance létale. Cette approche permet de préserver la liberté d’appréciation des professionnels et de sécuriser leur responsabilité dans un domaine où la décision implique des enjeux éthiques majeurs.
Le présent amendement a ainsi pour objectif de clarifier le cadre légal, de sécuriser l’exercice médical et de garantir que toute intervention dans ce domaine sensible reste encadrée et soumise à l’appréciation professionnelle. Il est ainsi proposé d'adopter le présent amendement.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Rédiger ainsi cet article :
« I. – La sous-section 1 de la section 2 bis du chapitre Ier du titre Ier du livre Ier de la première partie du code de la santé publique, dans sa rédaction résultant de la présente loi, est complétée par un article L. 1111‑12‑1‑1 ainsi rédigé :
« Art. L. 1111‑12‑1‑1. – Un médecin n’est jamais tenu d’informer une personne, même lorsque son pronostic vital est engagé à court terme, de la possibilité de recourir à une substance létale dans les conditions prévues aux articles L. 1111‑12‑1 et L. 1111‑12‑2. »
« II. – L’article 18 de la présente loi n’est pas applicable aux professionnels mentionnés à l’article 3. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 91
- Contre
- 113
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 1
- Votants
- 207
- Exprimés
- 204
- Majorité requise
- 103
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 54 | 0 | 1 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 6 | 26 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 24 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 1 | 27 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 17 | 1 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 12 | 2 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 1 | 6 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 2 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 1 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 55 dans le décompte
Pour (54) : Hervé de Lépinau, Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Julien Rancoule, Lionel Tivoli, José Gonzalez, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Serge Muller, Pierre Meurin, Roger Chudeau, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Bénédicte Auzanot, Gabriel Tomatis, Eddy Casterman, Édouard Jordan, Emmanuel Fouquart, Nadine Lechon, Thibaut Monnier, René Lioret, Catherine Dellong Meng, Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Pascal Jenft, Frédéric Weber, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Auguste Evrard, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Catherine Rimbert, Anne Sicard, Anchya Bamana
Abstention (1) : Gaëtan Dussausaye
Ensemble pour la République 33 dans le décompte
Pour (6) : Liliana Tanguy, Daniel Labaronne, Annie Vidal, Charles Sitzenstuhl, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Joséphine Missoffe
Contre (26) : Élisabeth Borne, Sylvain Maillard, Pauline Cestrières, François Cormier-Bouligeon, Graziella Melchior, Didier Le Gac, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Brigitte Liso, Pieyre-Alexandre Anglade, Céline Calvez, Natalia Pouzyreff, Jean-Luc Fugit, Agnès Pannier-Runacher, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Julie Delpech, Christopher Weissberg, Nathalie Coggia, Bastien Marchive, Marc Ferracci, Danièle Carteron, Christophe Mongardien, Alim Latrèche, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 24 dans le décompte
Contre (24) : Ugo Bernalicis, Bastien Lachaud, Jean-Hugues Ratenon, Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvain Carrière, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Élise Leboucher, Nadège Abomangoli, Clémence Guetté, Louis Boyard, Damien Maudet, Farida Amrani, Paul Vannier, Karen Erodi, Thomas Portes, René Pilato, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 28 dans le décompte
Pour (1) : Marc Pena
Contre (27) : Jérôme Guedj, Pascale Got, Guillaume Garot, Marietta Karamanli, Marie Récalde, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Christine Pirès Beaune, Joël Aviragnet, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Boris Vallaud, Isabelle Santiago, Anna Pic, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Martine Froger, Dorine Bregman, Océane Godard, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Fabrice Roussel, Denis Fégné, Thierry Sother, Florence Herouin-Léautey
Droite Républicaine 18 dans le décompte
Pour (17) : Vincent Rolland, Jean-Luc Bourgeaux, Philippe Juvin, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Christelle Minard, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin, Corentin Le Fur, Emeline Rey-Rinchet, Cendrine Chazé, Élisabeth de Maistre, Lionel Duparay
Contre (1) : Alix Fruchon
Écologiste et Social 11 dans le décompte
Contre (11) : Eva Sas, Sébastien Peytavie, Nicolas Thierry, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Julie Laernoes, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Karim Ben Cheikh, Emmanuel Duplessy, Steevy Gustave
Les Démocrates 14 dans le décompte
Contre (12) : Philippe Vigier, Sophie Mette, Geneviève Darrieussecq, Perrine Goulet, Frédéric Petit, Nicolas Turquois, Sabine Gervais, Laurent Croizier, Louise Morel, Éric Martineau, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Abstention (2) : Sabine Thillaye, Romain Daubié
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Pour (1) : Thomas Lam
Contre (6) : Agnès Firmin Le Bodo, Loïc Kervran (ancien député), Lise Magnier, Charlotte Parmentier-Lecocq, Pierre Marle, Frédéric Valletoux
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 5 dans le décompte
Pour (2) : Joël Bruneau, Laurent Mazaury
Contre (3) : Audrey Abadie-Amiel, Stéphane Lenormand, Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Yannick Monnet
Union des droites pour la République 9 dans le décompte
Pour (9) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Bernard Chaix, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Gérault Verny, Hanane Mansouri, Maxime Michelet, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 3 dans le décompte
Pour (1) : Véronique Besse
Contre (2) : Sophie Errante, Stella Dupont
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin