Votes · Scrutin n° 7520 · 24 juin 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 800 de Mme Sandrine Rousseau à l’article 4 de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir (nouvelle lecture).
Dossier : Fin de vie · Demandé par : Président du groupe "Droite Républicaine" Présidente du groupe "Écologiste et Social"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 4
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Sandrine Rousseau et 33 cosignataires (ECOS) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à supprimer la condition de nationalité ou de résidence stable et régulière en France pour accéder à l’aide à mourir.
Le groupe écologiste et social propose d'ouvrir l'aide à mourir à toute personne remplissant les conditions d'accès énoncées dans le présent article, sans discrimination fondée sur la nationalité ou le statut de résidence.
A travers cette proposition, il s’agit de réaffirmer le principe d’universalité de l’accès à ce droit fondamental, ainsi que les valeurs d’humanisme et de solidarité qui constituent le socle de notre modèle républicain.
Pour garantir la recevabilité financière de cet amendement, il est prévu que l’article 18 ne s’applique pas lorsque la personne qui demande d'accéder à l'aide à mourir est de nationalité étrangère ou ne réside pas de façon stable et régulière en France. L’intention n’est toutefois bien évidemment pas d’exclure la prise en charge du droit à l’aide à mourir pour ces personnes. Le Gouvernement est donc appelé à lever le gage sur ce dispositif.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Supprimer l’alinéa 6.
II. – En conséquence, compléter cet article par l’alinéa suivant :
« II. – L’article 18 de la présente loi ne s’applique pas aux personnes accédant à l’aide à mourir n’ayant pas la nationalité française ou ne résidant pas de façon stable et régulière en France. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 4 : 195 scrutins publics, dont 16 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 30
- Contre
- 106
- Abstention
- 16
- Non-votant
- 1
- Votants
- 152
- Exprimés
- 136
- Majorité requise
- 69
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 42 | 1 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 2 | 22 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 17 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Abstention | 3 | 3 | 14 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 8 | 0 | 1 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 43 dans le décompte
Contre (42) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jorys Bovet, José Gonzalez, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Pierre Meurin, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Kévin Pfeffer, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Bénédicte Auzanot, Gabriel Tomatis, Eddy Casterman, Édouard Jordan, Thibaut Monnier, Catherine Dellong Meng, Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Julien Guibert, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Théo Bernhardt, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sophie-Laurence Roy, Anne Sicard
Abstention (1) : Alexandre Dufosset
Ensemble pour la République 25 dans le décompte
Pour (2) : Liliana Tanguy, Annie Vidal
Contre (22) : Pauline Cestrières, François Cormier-Bouligeon, Graziella Melchior, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Brigitte Liso, Pieyre-Alexandre Anglade, Céline Calvez, Natalia Pouzyreff, Marie-Pierre Rixain, Agnès Pannier-Runacher, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Violette Spillebout, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Christopher Weissberg, Bastien Marchive, Danièle Carteron, Christophe Mongardien, Alim Latrèche, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 17 dans le décompte
Pour (17) : Bastien Lachaud, Jean-Hugues Ratenon, Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Gabriel Amard (ancien député), Élise Leboucher, Clémence Guetté, Louis Boyard, Damien Maudet, Karen Erodi, René Pilato, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 20 dans le décompte
Pour (3) : Marie-Noëlle Battistel, Pierre Pribetich, Ayda Hadizadeh
Contre (3) : Laurent Baumel, Laurent Lhardit, Céline Hervieu
Abstention (14) : Pascale Got, Guillaume Garot, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Anna Pic, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Denis Fégné, Sandrine Runel, Florence Herouin-Léautey, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 11 dans le décompte
Contre (11) : Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Anne-Laure Blin, Justine Gruet, Corentin Le Fur, Élisabeth de Maistre, Lionel Duparay
Écologiste et Social 9 dans le décompte
Pour (8) : Sébastien Peytavie, Nicolas Thierry, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Karim Ben Cheikh, Danielle Simonnet, Damien Girard, Steevy Gustave
Abstention (1) : Dominique Voynet
Les Démocrates 7 dans le décompte
Contre (7) : Philippe Vigier, Christophe Blanchet, Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Frédéric Petit, Nicolas Turquois, Sabine Gervais
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Contre (9) : Thierry Benoit, Loïc Kervran (ancien député), François Gernigon, Pierre Marle, Didier Lemaire, Frédéric Valletoux, Nathalie Colin-Oesterlé, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Audrey Abadie-Amiel, Stéphane Lenormand, Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Karine Lebon, Marcellin Nadeau
Union des droites pour la République 6 dans le décompte
Contre (6) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Bernard Chaix, Olivier Fayssat, Bartolomé Lenoir, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Sophie Errante
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Pour : Anna Pic
Voulait voter Abstention : Laurent Baumel
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin