Votes · Scrutin n° 7524 · 24 juin 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 402 de Mme Gruet et l'amendement identique suivant à l’article 4 de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir (nouvelle lecture).
Dossier : Fin de vie · Demandé par : Président du groupe "Droite Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 4
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Gruet et 12 cosignataires (DR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à remplacer, dans le dispositif relatif aux critères d’accès à l’aide à mourir, le terme « affection » par celui de « pathologie ».
Le terme « affection », par sa portée sémantique large et insuffisamment précise, est susceptible d’englober des situations très diverses, incluant des états qui ne relèvent pas à proprement parler d’une pathologie médicale évolutive ou d’une atteinte grave au pronostic vital. Cette imprécision est de nature à fragiliser le cadre juridique du dispositif et à exposer les personnes concernées à des interprétations extensives, incompatibles avec l’exigence de protection renforcée qui doit entourer toute décision relative à la fin de vie.
À l’inverse, la notion de « pathologie » renvoie à une réalité médicale objectivable, caractérisée, diagnostiquée et encadrée par des critères cliniques reconnus. Elle permet de mieux circonscrire le champ d’application du dispositif aux situations relevant clairement d’un processus pathologique, grave et médicalement établi, justifiant, le cas échéant, l’examen d’une demande d’euthanasie dans un cadre strictement défini.
Ce remplacement vise également à prévenir toute assimilation, directe ou indirecte, du handicap à une cause légitime de demande d’euthanasie. Le handicap, qui peut résulter de conditions diverses, n’est pas en soi une pathologie évolutive ni une maladie, et ne saurait être considéré comme un motif justifiant l’accès à un tel dispositif. Assimiler le handicap à une « affection » au sens du texte ferait peser un risque éthique majeur, en laissant entendre que l’état de handicap pourrait constituer, en tant que tel, un fondement recevable à une demande d’euthanasie. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
À l’alinéa 7, substituer au mot :
« affection »,
le mot :
« pathologie ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 4 : 195 scrutins publics, dont 16 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 61
- Contre
- 75
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 1
- Votants
- 139
- Exprimés
- 136
- Majorité requise
- 69
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 34 | 1 | 3 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 3 | 19 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 1 | 19 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Pour | 6 | 3 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 38 dans le décompte
Pour (34) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Jorys Bovet, Angélique Ranc, José Gonzalez, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Pierre Meurin, Roger Chudeau, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Gabriel Tomatis, Eddy Casterman, Guillaume Florquin, Édouard Jordan, Thibaut Monnier, Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Catherine Rimbert, Anne Sicard
Contre (1) : Gaëtan Dussausaye
Abstention (3) : Edwige Diaz (ancien député), Alexandre Dufosset, Théo Bernhardt
Ensemble pour la République 23 dans le décompte
Pour (3) : Liliana Tanguy, Annie Vidal, Charles Sitzenstuhl
Contre (19) : Pauline Cestrières, François Cormier-Bouligeon, Graziella Melchior, Didier Le Gac, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Brigitte Liso, Pieyre-Alexandre Anglade, Marie-Pierre Rixain, Jean-Luc Fugit, Agnès Pannier-Runacher, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Violette Spillebout, Françoise Buffet, Christopher Weissberg, Danièle Carteron, Christophe Mongardien, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 14 dans le décompte
Contre (14) : Bastien Lachaud, Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Gabriel Amard (ancien député), Élise Leboucher, Clémence Guetté, Louis Boyard, Damien Maudet, Karen Erodi, Thomas Portes, René Pilato, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld
Socialistes et apparentés 20 dans le décompte
Pour (1) : Dominique Potier
Contre (19) : Pascale Got, Guillaume Garot, Marie-Noëlle Battistel, Laurent Baumel, Boris Vallaud, Gérard Leseul, Isabelle Santiago, Arthur Delaporte, Iñaki Echaniz, Laurent Lhardit, Océane Godard, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Karim Benbrahim, Christophe Proença, Denis Fégné, Florence Herouin-Léautey, Céline Hervieu
Droite Républicaine 11 dans le décompte
Pour (11) : Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Julien Dive, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Anne-Laure Blin, Justine Gruet, Corentin Le Fur, Lionel Duparay
Écologiste et Social 7 dans le décompte
Contre (7) : Dominique Voynet, Nicolas Thierry, Jérémie Iordanoff, Karim Ben Cheikh, Damien Girard, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave
Les Démocrates 6 dans le décompte
Contre (6) : Philippe Vigier, Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Frédéric Petit, Nicolas Turquois, Sabine Gervais
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Pour (6) : Thierry Benoit, François Gernigon, Didier Lemaire, Nathalie Colin-Oesterlé, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Contre (3) : Lise Magnier, Pierre Marle, Frédéric Valletoux
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Audrey Abadie-Amiel, Stéphane Lenormand, Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Yannick Monnet
Union des droites pour la République 6 dans le décompte
Pour (6) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Bernard Chaix, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Sophie Errante, Stella Dupont
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin