Votes · Scrutin n° 7536 · 24 juin 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1293 de Mme Loir à l’article 4 de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir (nouvelle lecture).
Dossier : Fin de vie · Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 4
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Loir et 48 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Si la souffrance est une réalité indéniable pour de nombreuses personnes confrontées à de telles conditions, il est essentiel de considérer avec soin les implications d’un tel critère pour l’accès à l’euthanasie et au suicide assisté.
Dans de nombreuses situations, il existe des solutions thérapeutiques, telles que les soins palliatifs, qui permettent d’accompagner les personnes tout en respectant leur dignité. L’évolution des traitements médicaux et psychologiques offre des perspectives de soulagement de la douleur et de l’angoisse, souvent grâce à un accompagnement adapté à chaque individu. De plus, l’accompagnement psychologique joue un rôle crucial dans la gestion de la souffrance psychique, qui, dans de nombreux cas, peut être atténuée par des soins appropriés.
Les critères d’éligibilité à l’euthanasie et au suicide asssisté, fondés sur des considérations de souffrance insupportable, suscitent des interrogations sur le processus de décision. Si l’expertise médicale est essentielle pour évaluer la gravité d’une situation, il est important de rappeler que la souffrance humaine, notamment lorsqu’elle est liée à des troubles psychologiques, est difficilement mesurable de manière objective. Ce qui peut être perçu comme insupportable pour une personne à un moment donné ne reflète pas nécessairement la permanence de son état. Les souffrances psychologiques peuvent en effet être fluctuantes et parfois réversibles grâce à une prise en charge appropriée.
Un tel choix, aussi important soit-il, ne doit pas être envisagé isolément. La souffrance humaine mérite une attention constante et des solutions adaptées. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
À la première phrase de l’alinéa 8, substituer aux mots :
« liée à cette affection, qui est soit réfractaire aux traitements, soit insupportable selon la personne lorsque celle-ci »,
les mots :
« directement liée à une affection grave et incurable, qui est médicalement constatée comme réfractaire aux traitements et qui persiste nonobstant une prise en charge appropriée, lorsque la personne ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 4 : 195 scrutins publics, dont 16 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 80
- Contre
- 113
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 1
- Votants
- 195
- Exprimés
- 193
- Majorité requise
- 97
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 49 | 1 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 2 | 27 | 1 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 23 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 0 | 34 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 15 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Pour | 3 | 2 | 1 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 50 dans le décompte
Pour (49) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, José Beaurain, Jorys Bovet, Angélique Ranc, Julien Rancoule, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Pierre Meurin, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Gabriel Tomatis, Eddy Casterman, Guillaume Florquin, Édouard Jordan, Nadine Lechon, René Lioret, Catherine Dellong Meng, Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Julien Guibert, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Catherine Rimbert, Sophie-Laurence Roy, Anne Sicard, Anchya Bamana
Contre (1) : Gaëtan Dussausaye
Ensemble pour la République 31 dans le décompte
Pour (2) : Liliana Tanguy, Annie Vidal
Contre (27) : Pauline Cestrières, Graziella Melchior, Didier Le Gac, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Brigitte Liso, Pieyre-Alexandre Anglade, Patricia Lemoine, Natalia Pouzyreff, Jean-Marie Fiévet, Marie-Pierre Rixain, Jean-Luc Fugit, Agnès Pannier-Runacher, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Violette Spillebout, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Christopher Weissberg, Nathalie Coggia, Bastien Marchive, Danièle Carteron, Christophe Mongardien, Vincent Caure, Alim Latrèche, Marie-Philippe Lubet
Abstention (1) : Joséphine Missoffe
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 23 dans le décompte
Contre (23) : Bastien Lachaud, Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Rodrigo Arenas, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Nadège Abomangoli, Louis Boyard, Damien Maudet, Farida Amrani, Karen Erodi, Thomas Portes, René Pilato, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 34 dans le décompte
Contre (34) : Pascale Got, Guillaume Garot, Marietta Karamanli, Hervé Saulignac, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Chantal Jourdan, Boris Vallaud, Gérard Leseul, Isabelle Santiago, Arthur Delaporte, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Martine Froger, Aurélien Rousseau, Laurent Lhardit, Fabrice Barusseau, Océane Godard, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Denis Fégné, Florence Herouin-Léautey, Céline Hervieu, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 15 dans le décompte
Pour (15) : Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Christelle Minard, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin, Justine Gruet, Emeline Rey-Rinchet, Élisabeth de Maistre, Lionel Duparay
Écologiste et Social 12 dans le décompte
Contre (12) : Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Julie Laernoes, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Karim Ben Cheikh, Danielle Simonnet, Tristan Lahais, Damien Girard, Nicolas Bonnet, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave
Les Démocrates 9 dans le décompte
Contre (9) : Philippe Vigier, Geneviève Darrieussecq, Perrine Goulet, Frédéric Petit, Nicolas Turquois, Sabine Gervais, Didier Padey, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Pour (3) : François Gernigon, Nathalie Colin-Oesterlé, Benoît Blanchard
Contre (2) : Lise Magnier, Frédéric Valletoux
Abstention (1) : Thierry Benoit
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Audrey Abadie-Amiel
Union des droites pour la République 11 dans le décompte
Pour (11) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Vincent Trébuchet, Bernard Chaix, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Bartolomé Lenoir, Hanane Mansouri, Pierre-Henri Carbonnel, Antoine Valentin
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Contre (3) : Nicolas Sansu, Karine Lebon, Yannick Monnet
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Sophie Errante
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin