Votes · Scrutin n° 7557 · 24 juin 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1059 de Mme Erodi à l’article 4 de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir (nouvelle lecture).
Dossier : Fin de vie · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 4
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Erodi et 11 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à permettre d’accéder à l’aide à mourir, dans les cas où la situation ne permet pas une expression réitérée en pleine conscience, par la possibilité que le patient exprime sa volonté via des directives anticipées ou via la personne de confiance.
En effet, la loi Claeys-Leonetti met à disposition les directives anticipées et la désignation de la personne de confiance, pour permettre d’exprimer ses choix en matière de fin de vie. Il est donc nécessaire que les situations où la volonté de la personne est exprimée par des directives anticipées et/ou par sa personne de confiance soient prévues dans la définition de l’aide à mourir.
Ainsi, si son souhait explicite d’accéder à l’aide à mourir dans une situation donnée est indiqué dans les directives anticipées et confirme une volonté d’accès à l’aide à mourir, d’autant plus si cette volonté peut être confirmée par une personne de confiance, une personne ne doit pas être empêchée d’accéder à l’aide à mourir parce qu’elle n’est plus consciente ou n’a plus son discernement. Dans le cas contraire, cette loi risquerait de priver des personnes victimes d’accidents, d’AVC, de maladies dégénératives à dégénérescence accélérée, et de toute personne qui ne se trouve plus en pleine conscience, quelle qu’en soit la cause, au moment de réitérer sa volonté, d’accéder à l’aide à mourir, alors qu’elles en exprimaient explicitement le souhait au moment où elles étaient encore en pleine conscience. Dans les situations où la personne est consciente mais privée de discernement, mais où elle exprimerait d’une manière ou d’une autre un refus, le processus doit être suspendu pour ne pas lui imposer une décision dont elle ne voudrait plus. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Compléter l’alinéa 9 par les mots :
« y compris par l’intermédiaire de directives anticipées rédigées dans les conditions définies à l’article L. 1111‑11 ou de sa personne de confiance désignée en application de l’article L. 1111‑6 ».
II. – En conséquence, compléter cet article par l’alinéa suivant :
« II. – L’article 18 de la présente loi n’est pas applicable aux personnes demandant à accéder à l’aide à mourir par l’intermédiaire de leurs directives anticipées ou de leur personne de confiance. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 4 : 195 scrutins publics, dont 16 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 43
- Contre
- 103
- Abstention
- 20
- Non-votant
- 2
- Votants
- 166
- Exprimés
- 146
- Majorité requise
- 74
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 40 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 3 | 20 | 3 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 16 | 0 | 2 | 1 | |
| SOC 68 membres | Pour | 18 | 2 | 12 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 9 | 1 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 5 | 3 | 1 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 3 | 1 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 40 dans le décompte
Contre (40) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, José Beaurain, Lionel Tivoli, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Serge Muller, Pierre Meurin, Edwige Diaz (ancien député), Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Sophie Blanc, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Gabriel Tomatis, Eddy Casterman, Guillaume Florquin, Édouard Jordan, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Thibaut Monnier, René Lioret, Catherine Dellong Meng, Julien Gabarron, Julien Guibert, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sophie-Laurence Roy, Anne Sicard
Ensemble pour la République 27 dans le décompte
Pour (3) : Sébastien Huyghe, Liliana Tanguy, Annie Vidal
Contre (20) : Pauline Cestrières, Graziella Melchior, Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Brigitte Liso, Pieyre-Alexandre Anglade, Véronique Riotton, Jean-Luc Fugit, Agnès Pannier-Runacher, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Anthony Brosse, Violette Spillebout, Françoise Buffet, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Bastien Marchive, Danièle Carteron, Christophe Mongardien, Alim Latrèche, Marie-Philippe Lubet
Abstention (3) : Didier Le Gac, Michel Lauzzana, Christopher Weissberg
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 19 dans le décompte
Pour (16) : Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Élise Leboucher, Damien Maudet, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Bérenger Cernon
Abstention (2) : Bastien Lachaud, René Pilato
Non-votant (1) : Nadège Abomangoli
Socialistes et apparentés 32 dans le décompte
Pour (18) : Pascale Got, Marie-Noëlle Battistel, Laurent Baumel, Christine Pirès Beaune, Joël Aviragnet, Isabelle Santiago, Iñaki Echaniz, Aurélien Rousseau, Fabrice Barusseau, Océane Godard, Pierre Pribetich, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Denis Fégné, Florence Herouin-Léautey, Céline Hervieu, Ayda Hadizadeh
Contre (2) : Jérôme Guedj, Dominique Potier
Abstention (12) : Guillaume Garot, Marietta Karamanli, Fanny Dombre Coste, Colette Capdevielle, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Martine Froger, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Fabrice Roussel, Christophe Proença
Droite Républicaine 10 dans le décompte
Contre (9) : Philippe Juvin, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Christelle Minard, Julien Dive, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Josiane Corneloup
Abstention (1) : Lionel Duparay
Écologiste et Social 9 dans le décompte
Pour (5) : Jérémie Iordanoff, Karim Ben Cheikh, Tristan Lahais, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave
Contre (3) : Sébastien Peytavie, Jean-Claude Raux, Nicolas Bonnet
Abstention (1) : Dominique Voynet
Les Démocrates 13 dans le décompte
Contre (13) : Philippe Vigier, Sophie Mette, Geneviève Darrieussecq, Perrine Goulet, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Nicolas Turquois, Sabine Gervais, Laurent Croizier, Louise Morel, Didier Padey, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 4 dans le décompte
Contre (3) : Agnès Firmin Le Bodo, Lise Magnier, Frédéric Valletoux
Abstention (1) : Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Audrey Abadie-Amiel
Union des droites pour la République 9 dans le décompte
Contre (9) : Sophie Ricourt Vaginay, Vincent Trébuchet, Bernard Chaix, Marc Chavent, Matthieu Bloch, Bartolomé Lenoir, Hanane Mansouri, Pierre-Henri Carbonnel, Antoine Valentin
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Karine Lebon, Yannick Monnet
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Contre : Sébastien Huyghe, Liliana Tanguy, Annie Vidal
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin