Votes · Scrutin n° 7714 · 26 juin 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 171 de M. Valletoux et les amendements identiques suivants à l'article 6 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (nouvelle lecture).
Dossier : Fin de vie · Demandé par : Président du groupe "Droite Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 6
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Valletoux et 13 cosignataires (HOR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par trois fois, l'Assemblée nationale a voté en faveur du principe d'autoadministration de la substance létale par la personne ayant recours à l'aide à mourir. Par exception, est prévue, lorsqu’elle n’est physiquement pas en mesure de le faire, qu’elle se la fasse administrer par un médecin ou par un infirmier.
Ce principe est ainsi affirmé à l'article 2 du présent texte, dans la définition même du droit à l'aide à mourir.
Par un amendement adopté en commission lors de la deuxième lecture, l'article 6 vient remettre en cause ce principe, mais aussi la cohérence interne du texte de loi, en contradiction avec les termes de l'article 2.
Conformément à la volonté déjà exprimée par la Chambre, en considération des préoccupations émises par les soignants, par souci d'équilibre et de cohérence du texte, il convient de rétablir la rédaction initiale.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – À l’alinéa 20, supprimer les mots :
« , selon le choix de la personne, par la personne elle-même ou par un médecin ou par un infirmier, ».
II. – En conséquence, supprimer l’alinéa 24.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 6 : 143 scrutins publics, dont 6 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 71
- Contre
- 29
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 1
- Votants
- 103
- Exprimés
- 100
- Majorité requise
- 51
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 23 | 0 | 1 | 0 | |
| EPR 91 membres | Pour | 9 | 7 | 2 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 16 | 4 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 24 dans le décompte
Pour (23) : Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Angélique Ranc, Caroline Colombier, Lisette Pollet, Christine Loir, Pierre Meurin, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Philippe Schreck, Thibaut Monnier, Claire Marais-Beuil, Théo Bernhardt, Tiffany Joncour, Anne Sicard, Anchya Bamana
Abstention (1) : Gaëtan Dussausaye
Ensemble pour la République 19 dans le décompte
Pour (9) : François Cormier-Bouligeon, Liliana Tanguy, Brigitte Liso, Pieyre-Alexandre Anglade, Natalia Pouzyreff, Annie Vidal, Agnès Pannier-Runacher, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Danièle Carteron
Contre (7) : Florent Boudié (ancien député), Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Guillaume Gouffier Valente, Anthony Brosse, Bastien Marchive, Vincent Caure
Abstention (2) : Stéphane Buchou, Christophe Marion
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 12 dans le décompte
Contre (12) : Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Danièle Obono, Sarah Legrain, Sébastien Delogu, Matthias Tavel, Élise Leboucher, Arnaud Le Gall, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, René Pilato, Arnaud Saint-Martin
Socialistes et apparentés 20 dans le décompte
Pour (16) : Jérôme Guedj, Claudia Rouaux, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Stéphane Delautrette, Aurélien Rousseau, Fabrice Barusseau, Océane Godard, Pierrick Courbon, Estelle Mercier, Sandrine Runel, Dieynaba Diop
Contre (4) : Pascale Got, Marie-Noëlle Battistel, Isabelle Santiago, Florence Herouin-Léautey
Droite Républicaine 11 dans le décompte
Pour (11) : Philippe Juvin, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Jean-Louis Thiériot, Christelle Minard, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin, Justine Gruet, Corentin Le Fur, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 5 dans le décompte
Contre (5) : Pouria Amirshahi, Sandrine Rousseau, Karim Ben Cheikh, Danielle Simonnet, Léa Balage El Mariky
Les Démocrates 5 dans le décompte
Pour (5) : Philippe Vigier, Frédéric Petit, Maud Petit, Sabine Gervais, Pascal Lecamp
Horizons & Indépendants 4 dans le décompte
Pour (4) : Agnès Firmin Le Bodo, Bertrand Bouyx, Pierre Henriet, Frédéric Valletoux
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Pour (2) : Audrey Abadie-Amiel, Stéphane Lenormand
Union des droites pour la République 1 dans le décompte
Pour (1) : Hanane Mansouri
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Yannick Monnet
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin