Votes · Scrutin n° 7717 · 26 juin 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 10 de M. Bazin et les amendements identiques suivants de suppression de l'article 7 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (nouvelle lecture).
Dossier : Fin de vie · Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National" Président du groupe "Droite Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 7
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Bazin et 15 cosignataires (DR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
En son 2ème alinéa, cet article porte sur les modalités relatives à la fixation d’une date pour l’administration de la substance létale.
De nombreux professionnels de soins palliatifs relatent combien il est fréquent que des malades changent d’avis d’un jour à l’autre selon leur état d’esprit et de santé, la qualité des soins et l’affection qu’ils reçoivent, etc. Or l’article ne prévoit rien pour prévenir ce genre de situation.
Comment être sûr que la personne ne change pas d’avis d’ici là ? N’existe-t-il pas un risque, une fois la date fixée, que la personne n’ose plus remettre en question sa décision, défaire l’organisation prévue par les professionnels de santé et ainsi « leur faire perdre du temps » ou être un « poids » ?
De plus, l’alinéa 4 de cet article manque de précisions, bien que la voie publique et les espaces publics aient été exclus. Néanmoins, des lieux symboliques hors du cadre fixé par la loi pourraient exister et il convient de les prévenir, ce à quoi s’attèle partiellement l’alinéa 4 de cet article.
En outre, via son alinéa 5, cet article permet à toute personne d’assister son proche lors de l’euthanasie ou du suicide assisté. Or, le simple fait d’assister au suicide assisté d’un proche peut s’avérer extrêmement traumatisant. Une étude menée en Suisse (Wagner et al., 2010, Death by request in Switzerland posttraumatic stress disorder and complicated grief afterwitnessing assisted suicide) a souligné que 13 % des endeuillés ayant assisté à un suicide assisté montraient des symptômes d’état de stress posttraumatique total et que 16 % étaient en dépression.
L’impact d’un décès, quel qu’en soit sa nature, est toujours réel et à prendre avec sérieux, encore plus dans une situation tel que l’aide à mourir. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 37
- Contre
- 61
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 1
- Votants
- 98
- Exprimés
- 98
- Majorité requise
- 50
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 20 | 2 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 3 | 15 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 1 | 19 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 1 | 4 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 22 dans le décompte
Pour (20) : Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Angélique Ranc, Caroline Colombier, Lisette Pollet, Christine Loir, Pierre Meurin, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Philippe Schreck, Thibaut Monnier, Claire Marais-Beuil, Tiffany Joncour, Anne Sicard, Anchya Bamana
Contre (2) : Théo Bernhardt, Gaëtan Dussausaye
Ensemble pour la République 19 dans le décompte
Pour (3) : Liliana Tanguy, Annie Vidal, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député)
Contre (15) : François Cormier-Bouligeon, Graziella Melchior, Corinne Vignon, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Brigitte Liso, Pieyre-Alexandre Anglade, Guillaume Gouffier Valente, Natalia Pouzyreff, Stéphane Buchou, Agnès Pannier-Runacher, Christophe Marion, Anthony Brosse, Bastien Marchive, Danièle Carteron
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 11 dans le décompte
Contre (11) : Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Danièle Obono, Sarah Legrain, Sébastien Delogu, Matthias Tavel, Élise Leboucher, Arnaud Le Gall, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, René Pilato
Socialistes et apparentés 20 dans le décompte
Pour (1) : Dominique Potier
Contre (19) : Jérôme Guedj, Pascale Got, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Isabelle Santiago, Arthur Delaporte, Stéphane Delautrette, Aurélien Rousseau, Fabrice Barusseau, Océane Godard, Pierrick Courbon, Estelle Mercier, Sandrine Runel, Florence Herouin-Léautey, Dieynaba Diop
Droite Républicaine 11 dans le décompte
Pour (11) : Philippe Juvin, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Jean-Louis Thiériot, Christelle Minard, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin, Justine Gruet, Corentin Le Fur, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 4 dans le décompte
Contre (4) : Pouria Amirshahi, Sandrine Rousseau, Danielle Simonnet, Léa Balage El Mariky
Les Démocrates 5 dans le décompte
Pour (1) : Maud Petit
Contre (4) : Philippe Vigier, Frédéric Petit, Sabine Gervais, Pascal Lecamp
Horizons & Indépendants 3 dans le décompte
Contre (3) : Agnès Firmin Le Bodo, Bertrand Bouyx, Frédéric Valletoux
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Contre (2) : Audrey Abadie-Amiel, Stéphane Lenormand
Union des droites pour la République 1 dans le décompte
Pour (1) : Hanane Mansouri
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Yannick Monnet
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin