Votes · Scrutin n° 7983 · 7 juillet 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 16 de M. Bompard au titre de la proposition de loi visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre, dans l'exercice de leurs fonctions (première lecture).
Dossier : Reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre, dans l'exercice de leurs fonctions · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Titre du texte
- Texte
- Reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre, dans l'exercice de leurs fonctions Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Bompard (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, les députés du groupe LFI souhaitent rendre le titre de la proposition de loi plus conforme aux conséquences qu'elle entrainera
La réalité est la suivante : la France est le pays le plus meurtrier d'Europe concernant les interventions des forces de l'ordre. L'usage de la force dans un État de droit doit être l'exception. Nous ne pouvons accepter que des individus, souvent des jeunes racisés, puissent mourir seulement en raison d'une fuite. Il existe en effet d'autres moyens pour neutraliser des individus. Nous devons les mettre en œuvre et cesser cette dérive meurtrière.
La présomption de légitime défense est malheureusement un nouveau moyen d'assouplir les contextes d'usage des armes, alors que cet usage devrait être le plus circonscrit possible.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Rédiger ainsi le titre :
« visant à renforcer le permis de tuer pour les gendarmes et les policiers ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi déposée le 3 décembre 2024 par Éric Pauget, Laurent Wauquiez et d’autres députés, examinée dans la journée réservée du groupe Droite républicaine, avec Ian Boucard pour rapporteur. La version initiale créait dans le code pénal une présomption de légitime défense pour les policiers nationaux et municipaux et les gendarmes qui font usage de leur arme (proposition de loi). La commission des lois a rejeté le texte le 14 janvier 2026 (rapport n° 2342). En séance, un amendement du Gouvernement l’a réécrit. D’après le texte adopté le 7 juillet 2026 :
- le code pénal n’est plus modifié ; la mesure figure dans l’article L. 435-1 du code de la sécurité intérieure, qui fixe depuis 2017 les cas où policiers et gendarmes peuvent tirer ;
- lorsqu’ils font usage de leur arme, ils sont « présumés avoir agi dans l’un des cas autorisés » et dans le respect de l’absolue nécessité et de la stricte proportionnalité ;
- « Cette présomption peut, à tout moment, être renversée par tout élément de preuve contraire » ;
- le cas du « périple meurtrier » (empêcher la répétition imminente de meurtres) est réécrit pour supprimer, selon le ministre de l’intérieur, l’obligation d’être en uniforme ; selon lui, les policiers municipaux ne sont pas concernés.
Ce que ça change
Selon le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez, la présomption « lèvera simplement l’automaticité de la garde à vue du policier qui a fait usage de son arme » et « n’empêchera jamais le déclenchement d’une enquête judiciaire ou administrative » (séance du 22 janvier 2026). Le texte ne s’applique pas tant que le Sénat ne l’a pas adopté. Aucune étude d’impact n’accompagne une proposition de loi.
Ce qui est contesté
L’Assemblée a adopté le texte le 7 juillet 2026 par 313 voix contre 199 et 5 abstentions. Ont voté contre : LFI-NFP (69), SOC (62), EcoS (29), GDR (17), ainsi que 12 députés EPR, 8 LIOT, 1 Dem et 1 non-inscrit. Ont voté pour : RN (122), EPR (55), DR (48), HOR (31), Dem (28, avec 5 abstentions), UDR (14), LIOT (9) et 6 non-inscrits (scrutin n° 7987).
Pour Elsa Faucillon (GDR), « ce ne sera donc plus à celui qui a fait usage de son arme de démontrer que les conditions fixées par la loi étaient réunies ». Sacha Houlié (SOC) invoque la Convention européenne des droits de l’homme et la Déclaration de 1789, et annonce vouloir s’y opposer « demain devant le Conseil constitutionnel ». Jean-François Coulomme (LFI-NFP) soutient que les familles devront démontrer que le tir n’était pas justifié (séance du 7 juillet 2026). Manuel Bompard (LFI-NFP) cite la Commission nationale consultative des droits de l’homme et indique que la Défenseure des droits, le barreau de Paris, Amnesty International et la Ligue des droits de l’homme s’y opposent (questions au Gouvernement du 7 juillet 2026).
Le rapporteur Ian Boucard répond qu’il s’agit d’une présomption simple, qui « n’élargit pas les conditions d’usage des armes » et « n’enlève aucune prérogative à l’autorité judiciaire » (22 janvier 2026). Le ministre affirme : « La proposition de loi n’organise aucune irresponsabilité pénale ! » (7 juillet 2026). Les amendements de suppression ont été rejetés par 95 voix contre 65 (scrutin n° 5127) et la réécriture du Gouvernement adoptée par 103 voix contre 74 (scrutin n° 5147).
Où en est le texte
Adopté en première lecture par l’Assemblée le 7 juillet 2026, il a été transmis au Sénat (texte n° 866), où la commission des lois est saisie. Aucune date d’examen n’apparaît dans le dossier du Sénat (mis à jour le 21 juillet 2026).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 691 et exposé des motifs (03/12/2024)
- Rapport n° 2342 de la commission des lois (Ian Boucard) (14/01/2026)
- Texte adopté par l’Assemblée (T.A. n° 328) (07/07/2026)
- Scrutin n° 5147 (amendement n° 39 du Gouvernement) (22/01/2026)
- Scrutin n° 5127 (amendements de suppression de l’article unique) (22/01/2026)
- Scrutin n° 7987 (ensemble du texte) (07/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 22 janvier 2026 (après-midi) (22/01/2026)
- Compte rendu de la séance du 22 janvier 2026 (soir) (22/01/2026)
- Compte rendu de la séance du 7 juillet 2026 (07/07/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 112
- Contre
- 227
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 1
- Votants
- 341
- Exprimés
- 339
- Majorité requise
- 170
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 94 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 38 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 52 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 28 | 3 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 35 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 22 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 1 | 17 | 1 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 19 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 4 | 1 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 94 dans le décompte
Contre (94) : Sébastien Chenu, Emmanuel Blairy, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Cyril Tribuiani, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Romain Baubry, Emmanuel Taché, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Michaël Taverne, Philippe Ballard, Alexandre Sabatou, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Michèle Martinez, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Philippe Schreck, Bénédicte Auzanot, Gabriel Tomatis, Eddy Casterman, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Bruno Clavet, Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, René Lioret, Catherine Dellong Meng, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Guillaume Bigot, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière, Anne Sicard
Ensemble pour la République 39 dans le décompte
Contre (38) : Sébastien Huyghe, Constance Le Grip, Florent Boudié (ancien député), Éric Bothorel, Sylvain Maillard, Pauline Cestrières, François Cormier-Bouligeon, Guillaume Kasbarian, Annaïg Le Meur, Didier Le Gac, Liliana Tanguy, Christine Le Nabour, Danielle Brulebois, Nicole Le Peih, Jean Terlier, Patricia Lemoine, Céline Calvez, Olivia Grégoire, Natalia Pouzyreff, Annie Vidal, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Alexandra Martin (Gironde), Christophe Marion, Anthony Brosse, Violette Spillebout, Françoise Buffet, Caroline Yadan, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Nicolas Metzdorf, Sandrine Lalanne, Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Joséphine Missoffe, Laure Miller, Vincent Caure, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 52 dans le décompte
Pour (52) : Élisa Martin, Jean-Philippe Nilor, Ugo Bernalicis, Jean-Hugues Ratenon, Sophia Chikirou, Sarah Legrain, Manuel Bompard, Sébastien Delogu, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Matthias Tavel, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Gabriel Amard (ancien député), Idir Boumertit, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Alma Dufour, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Louis Boyard, Damien Maudet, Ersilia Soudais, Manon Meunier, Maxime Laisney, Farida Amrani, Paul Vannier, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Aymeric Caron, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Shéhérazade Bentorki, Anaïs Belouassa-Cherifi, Abdelkader Lahmar, Zahia Hamdane, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Aly Diouara, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 31 dans le décompte
Pour (28) : Alain David, Hervé Saulignac, Laurent Baumel, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Olivier Faure, Chantal Jourdan, Boris Vallaud, Sacha Houlié, Gérard Leseul, Philippe Brun, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Marie-José Allemand, Marc Pena, Paul Christophle, Océane Godard, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Pierrick Courbon, Christophe Proença, Peio Dufau, Denis Fégné, Sandrine Runel, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez, Romain Eskenazi, Ayda Hadizadeh
Contre (3) : Elie Califer, Dorine Bregman, Sébastien Saint-Pasteur
Droite Républicaine 35 dans le décompte
Contre (35) : Michel Herbillon, Jean-Yves Bony, Philippe Gosselin, Vincent Rolland, Laurent Wauquiez, Xavier Breton, Vincent Descoeur, Marie-Christine Dalloz, Jean-Luc Bourgeaux, Michel Barnier, Jean-Pierre Vigier, Eric Liégeon, Thibault Bazin, Julien Dive, Éric Pauget, Fabrice Brun, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Jérôme End, Ian Boucard, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Hubert Brigand, Antoine Vermorel, Thierry Liger, Alexandre Portier, Corentin Le Fur, François-Xavier Ceccoli, Emeline Rey-Rinchet, Cendrine Chazé, Nicolas Tryzna, Élisabeth de Maistre, Lionel Duparay
Écologiste et Social 22 dans le décompte
Pour (22) : Dominique Voynet, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Hendrik Davi, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Julie Laernoes, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Danielle Simonnet, Catherine Hervieu, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Julie Ozenne
Les Démocrates 19 dans le décompte
Pour (1) : Emmanuel Mandon
Contre (17) : Jean-Carles Grelier, Erwan Balanant, Sophie Mette, Marc Fesneau, Géraldine Bannier, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Maud Petit, Blandine Brocard, Carole Guillerm, Romain Daubié, Mickaël Cosson, Sabine Gervais, Patricia Maussion, Louise Morel, Éric Martineau, Didier Padey
Abstention (1) : Hubert Ott
Horizons & Indépendants 19 dans le décompte
Contre (19) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Sylvain Berrios, Bertrand Bouyx, François Jolivet, Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Xavier Roseren, Béatrice Piron, Xavier Albertini, Michel Criaud, Félicie Gérard, Véronique Ludmann, Didier Lemaire, Anne-Cécile Violland, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Jean-Michel Brard, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 8 dans le décompte
Contre (8) : Yannick Favennec-Bécot, Michel Castellani, Christophe Naegelen, David Taupiac, Joël Bruneau, Constance de Pélichy, Laurent Mazaury, Charles de Courson
Union des droites pour la République 9 dans le décompte
Contre (9) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Bernard Chaix, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot, Maxime Michelet, Antoine Valentin
Gauche Démocrate et Républicaine 9 dans le décompte
Pour (9) : Jean-Paul Lecoq, Nicolas Sansu, Soumya Bourouaha, Stéphane Peu, Elsa Faucillon, Yannick Monnet, Julien Brugerolles, Marcellin Nadeau, Édouard Bénard
Non inscrit 5 dans le décompte
Contre (4) : Stella Dupont, Lionel Vuibert, Christine Engrand, Sandra Delannoy
Abstention (1) : Aurélien Pradié
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin